CRUE DÉCEMBRE  2003 ORLÉANS

                                          

               échelle de crue pont Georges v Orléans Photo Michel Lefrère 

ÉCHELLE DE CRUE PONT GEORGES V ORLÉANS LOIRE A L ÉTIAGE

Crue de la Loire 3.70 mètres à Orléans 3250m3/Seconde en décembre 2003. Tout s'est bien passé fanfaronne l'ancien préfet Lacroix à la télévision, les digues ont tenu le coup. C'est vrai, sauf que depuis 1922 hormis le barrage de Villerest porté à bout de bras par Jean Royer, on fait beaucoup d études virtuelles et peu de concret.

Avant la crue, la côte de la Loire était de 0.50 mètres à cette période de l'année 1.50 m est plus courant. ce qui aurait généré une crue de 4.70 mètres, inquiétant pour le Val de Loire. Cette semaine là il n'était pas tombé une seule goutte d'eau dans la région, imaginons en plus des pluies continues et intenses ????? Sans oublier que la crue pour la seule rivière Allier peut aller jusqu'a 4000 mètres cubes seconde au "bec d'Allier". Au mois de décembre elle était seulement de 1550 mètres cubes.

CRUE SANDILLON LOIRET 2003 CRUE QUAI DU ROY ORLÉANS CRUE EN HAUTE LOIRE DÉCEMBRE 2003

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ÉTABLISSEMENT PUBLIC LOIRE MARS 2005
Extraits du Retour d’expérience sur la crue de décembre 2003
du Gerbier De Jonc à Blois 41


1
AVANT-PROPOS
Suite à la forte crue survenue en décembre 2003, les partenaires du Plan Loire ont
chargé l’Etablissement Public Loire de mettre en oeuvre le retour d’expérience de
cet événement.
2
RESUME DE L’EVENEMENT


2.1 Genèse de la crue
Le 30 novembre 2003, Météo France prévoit l’arrivée d’un front orageux de type
« cévenol » sur les hauts bassins de la Loire et de l’Allier. Les fortes précipitations
se sont étalées du dimanche 30 novembre au soir jusqu’au mercredi 3 décembre.
Les cumuls de pluie enregistrés en 72 heures sont de 347 mm à Sainte Eulalie,
219 mm à Cayres, 266 mm à Rogleton et 412 mm à Lanarce. Pour mémoire, il
pleut en moyenne 600 mm par an à Paris.
2.2 Chronologie de la crue
30 novembre
Début des fortes précipitations sur les hauts bassins versants
1 décembre
La préfecture de la Haute-Loire déclenche l’alerte vers 21h00.
2 décembre
La préfecture du Puy de Dôme déclenche l’alerte.
La Loire atteinte son maximum en amont de Bas-en-Basset à la mi-journée.
3 décembre
La préfecture de la Nièvre et du Loiret déclenche l’alerte.
La Loire atteint son maximum à Feurs entre 1 et 2 heures du matin.
L’Allier atteint son maximum à Langogne vers 17h.
 


4 décembre
La Loire atteint son maximum à Digoin.
L’Allier atteint son maximum à Vic le Comte.
5 décembre
L’Allier atteint son maximum à Saint-Yorre.
La préfecture de la Haute-Loire met fin à l’alerte.
6 décembre
La Loire atteint son maximum à Nevers.
La préfecture du Loir-et-Cher déclenche l’alerte.
En aval du bec d’Allier (Givry), la Loire atteint son maximum dans la soirée.
L’Allier atteint son maximum au Veurdre à la mi-journée.
7 décembre
La Loire atteint son maximum à Gien dans la nuit.
8 décembre
La Loire atteint son maximum à Orléans.
La préfecture du Puy-de-Dôme met fin à l’alerte.
9 décembre
La préfecture de l’Indre-et-loire déclenche l’alerte.
La Loire atteint son maximum à Blois puis à Tours.
La préfecture de la Nièvre met fin à l’alerte.
10 décembre
La préfecture du Loiret met fin à l’alerte.
11 décembre
La préfecture du Loir-et-Cher met fin à l’alerte.
 


2.3 Propagation de la crue
2.3.1 Sur la Loire amont
La crue présente deux pointes distinctes au poste d’observation de Chadrac en
Haute-Loire. La première a lieu le mardi 2 décembre (850 m3/s), et la seconde le
mercredi 3 décembre en fin d’après-midi (650 m3/s).
Une pointe unique est observée à Feurs le mercredi 3 décembre entre 1 et 2
heures du matin (2400 m3/s).
La crue présente un temps de retour de 50 ans.
2.3.2 Ecrêtement du barrage de Villerest
Le barrage de Villerest, sous la maîtrise d’ouvrage de l’Etablissement Public
Loire depuis 1985, a joué un rôle majeur dans la crue. En effet, au moment de la
pointe, sur les 2800 m3/s entrant dans la retenue, seulement 1600 m3/s en
sortaient. Soit en terme de période de retour, le rejet aval avait une fréquence
quinquennale alors qu’à l’entrée du barrage le débit était cinquantennal.
Il est important de noter que c’est la plus grosse crue écrêtée par le barrage de
Villerest, et aussi la plus forte crue dans ce secteur depuis 1907.
La cote initiale du plan d’eau était voisine de 290 m NGF alors que la cote
normale à cette période est de 304 m NGF. En effet suite à la sécheresse de l’été
2003, l’abaissement dû à l’étiage prononcé de l’année 2003 avait été poursuivi
afin d’entreprendre des travaux sur les vannes de demi-fond.
La cote maximale atteinte est de 317,3 m NGF le jeudi 4 décembre entre 1 et 3
heures du matin. Le volume ainsi stocké est alors de 129 millions de m³.
L’écrêtement du barrage permet d’abaisser la période de retour de la crue à 5 ans.
Une étude commanditée par l’Etablissement Public Loire, a permis de rendre
compte de l’importance du rôle du barrage de Villerest pour cette crue. Elle a en
outre estimé que l’écrêtement du barrage de Villerest a permis de gagner 50 cm
sur la ligne d’eau en Loire moyenne.
2.3.3 Sur la Loire bourguignonne
Avec les apports du Morvan, la pointe de crue est d’environ 1900 m3/s à Gilly.
La pointe de crue arrive à Nevers dans la nuit jeudi 4 au vendredi 5 décembre.

 


2.3.4 Sur l’Allier

L’Allier a présenté une crue relativement étale, marquée par deux pointes de crue
en amont. Plus en aval, l’amortissement naturel et les apports intermédiaires ont
étalé les deux pointes de crue pour n’en former plus qu’une seule. Le maximum
s’est produit le samedi 6 décembre en fin de soirée (1550 m3/s) à la station du
Veurdre.
2.3.5 Sur la Loire moyenne
Renforcé par les apports de l’Allier, la Loire atteint son maximum au bec d’Allier
dans la nuit du 6 au 7 décembre avec un débit de 3350 m3/s à Givry.
Les autres affluents de la Loire (Cher, Vienne et Maine) n’étaient pas en crue. En
conséquence, la crue s’amortit progressivement vers l’aval passant
progressivement de 3250 m3/s à Orléans à 3050 m3/s à Tours. La vitesse
moyenne de propagation est supérieure à 4 km/h.

La crue de décembre 2003 a montré que les premiers points les plus vulnérables
sont les réseaux : eau potable, assainissement, électricité.
Les problèmes d’assainissement ont été relativement bien gérés, que se soit en
régie et par les fermiers. De nombreuses dispositions ont été prises pour protéger
le réseau notamment par la mise en place de clapets anti-retour.
Le réseau électrique est surtout apparu vulnérable au niveau des transformateurs
situés en zone inondable, ce qui mériterait d’étudier un programme de
déplacement de ces transformateurs ou de réduction de leur vulnérabilité.
L’alimentation en eau potable a été rendue très vulnérable par la dernière crue.
De nouvelles alimentations doivent être trouvées en temps de crue :
􀃖 Soit temporaire : bouteille d’eau minérale ou cuve de stockage,
􀃖 Soit permanente : création de nouveau captage non vulnérable.
Dans de nombreuses communes, l’exploitant du réseau a été efficace et a joué un
rôle important.

6.1.1 Vulnérabilité potentielle
Les enjeux touchés en cas de crue sont mal connus. Les conséquences d’une crue
plus forte que celle de décembre 2003 sont difficilement appréciables.
Des cartes de zones inondables pour la Loire moyenne ont été établies pour
différents scénarios. Toutefois, les résultats reposent sur une topographie ayant
une incertitude de +/- 50 cm. La précision des connaissances sur les enjeux
touchés directement et indirectement par la crue devrait être améliorée afin de
disposer de données utilisables pour la gestion d’une crise.
En résumé, la connaissance des zones inondables pour différents scénarios
devrait être étendue au moins à la Loire bourguignonne en améliorant la
précision des résultats. En sus, cette cartographie pourrait être accompagnée de
l’identification des enjeux présents en zone inondable. Ce travail pourrait être
menée en partenariat entre l’Etat et les collectivités territoriales et aboutir à une
ou plusieurs bases de données SIG.


6.2.2 Anticiper la crise
« La préparation à la crise doit démarrer bien avant que ne survienne la crue ».
L’information est la condition première de tout comportement préventif. La crue
de décembre 2003 a montré que les acteurs dans leur ensemble se sont sentis
insuffisamment préparés.
Aujourd’hui, lorsqu’elle existe, la culture de la crise repose sur l’expérience vécue
des crues fréquentes. La survenance d’une crue exceptionnelle n’est pas ou peu
envisagée. Une crue est imaginée en référence à ce qui est connu. Il parait
indispensable de renforcer la conscience du risque en insistant sur le véritable
niveau de vulnérabilité du territoire.
Une anticipation de la crise et de sa gestion peut être recherchée au travers :
􀃖 De la réalisation des Plans Communaux de Sauvegarde. Ceux-ci font
cruellement défaut dans de nombreuses communes. Un besoin d’appui pour
leur réalisation se fait sentir auprès des communes.
􀃖 D’exercices d’alerte mettant en application les Plans Communaux de
Sauvegarde. Comme on peut le faire pour d’autres types de catastrophe, il est
possible en partenariat avec la Croix Rouge d’organiser des simulations pour
une crue importante,
􀃖 De campagnes de prévention,
􀃖 D’une association régulière de la population communale au partage des
connaissances.