NUCLÉAIRE centrale de Dampierre en Burly

                     

Elle fait désormais partie des paysages de Loire la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly. Avec (entre autres) celle de Belleville sa proche voisine, elles composent un ensemble qui doit assurer à la France son indépendance énergétique. En l’an 2000, selon E.D.F. plus de 80 % de l’électricité produite est d’origine nucléaire, grâce à la mise en service et à l’exploitation de quelques dizaines de réacteurs (moins de cent) disséminés sur une vingtaine de sites. 

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La Loire en compte plusieurs sur ses rives, de loin on peut apercevoir les tours de refroidissement qui crachent leur vapeur blanche et défigurent le paysage... Certes, quelques « antinucléaires » ont protesté, mais cela concerne essentiellement le programme de surgénérateurs, ou bien l’usine de traitement des déchets nucléaires de la Hague.

De là  à conclure que les centrales des bords de Loire sont propres ?... N’oublions pas les accidents survenus, en 1979 à Three-Mile-Island aux U.S.A. ou bien de Tchernobyl en Ukraine en 1986.

En France, jusqu'à l’an 2000, on ne peut parler d’accidents, mais plutôt d’incidents. Par exemple, le mercredi 13 octobre 1999 à la centrale de Dampierre-en-Burly sur la Loire, une fuite d’eau au cœur d’un réacteur, incident classé selon E.D.F. de niveau 1 sur l’échelle « Ines » a retardé sa mise en service après deux mois d’arrêt nécessaires à son rechargement en combustible. Un agent de maintenance a, au cours des dernières vérifications, détecté une fuite laissant échapper quarante litres d’eau par heure. Selon Goulven Graillat, directeur de la centrale il a fallu, plusieurs jours avant de colmater la fissure qui se trouve au cœur du circuit à l’arrêt. Pour réparer, il a été nécessaire d’effectuer le déchargement du combustible, (le réacteur doit toujours être refroidi) opération qui nécessite du temps. L’eau légèrement radioactive était stockée dans l’enceinte de confinement, l’écoulement était contrôlé. Cependant on peut se poser la question, cette eau par la suite une fois le battage médiatique terminé, qu’est t’elle devenue ?

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I.n.e.s. (International nuclear events scale) est une échelle de graduation qui sert à mesurer le degré de gravité des incidents liés au fonctionnement des centrales nucléaires. Cette échelle internationale adoptée en France en 1994, classe les événements de 0 à 7 selon leur importance par rapport à trois critères : les conséquences sur l’environnement, l’impact sur le site, et le critère de défense en profondeur. Les trois premiers niveaux 0 à 3 sont considérés comme de simples écarts. Le niveau 4 est celui par exemple intervenu à l’automne  1999 au Japon, centrale de Tokaï Mura dans l’île d’Hokkaîdo le risque est intérieur à la centrale. Le niveau 5, le risque s’étend en plus à l’extérieur du site . Le niveau 6, est un accident grave. Le niveau 7, est un accident majeur du type de Tchernobyl.

Lorsque l’on se rapproche à Dampierre de ce monde un peu mystérieux, malgré les efforts de vulgarisation d’E.D.F. après les grandes tours fumantes, ce que l’on voit en second sont les pylônes des lignes hautes tensions avec leurs câbles électriques. A côté de bâtiments de type industriel très vite on aperçoit des blocs de béton cylindriques qui abritent les réacteurs.

La centrale de Dampierre-en-Burly, appartient à la filière des Réacteurs à Eau Pressurisée (R.E.P.). l’Énergie produite est issue de la fission de l’uranium au cœur du réacteur, et d’un dispositif qui combine trois circuits d’eau indépendants. Le combustible composé de 157 assemblages, formés chacun de 264 crayons d’uranium enrichi lors de la fission, dégage une chaleur intense qui chauffe l’eau du circuit primaire. Ensuite, cette chaleur vaporise l’eau du circuit secondaire au sein du générateur de vapeur. Cette vapeur produite fait tourner la turbine qui entraîne l’alternateur produisant de l’électricité. Ensuite, cette vapeur entre dans le troisième circuit, elle est refroidie dans le condenseur par l’eau du circuit de refroidissement, cette vapeur devenue également eau poursuit par la tour dite de « refroidissement » où au contact de l’air elle s’auto réfrigère. La partie visible de tout le système est l’évaporation sous forme de grandes fumées blanches de vapeur d’eau qui est contrebalancée par un pompage en Loire. Les experts se penchent sur l’effet de serre produit par la vapeur d’eau des centrales, il semble que ce phénomène ne soit pas très important comparé à l’évaporation naturelle.             

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Dampierre, c’est : 4 réacteurs de 900 MW, 4 tours de 163 mètres de haut en béton, et 62 hectares d’installations. Il va sans dire, que chaque tranche est équipée de systèmes de sécurité perfectionnés provoquant en moins de deux secondes l’arrêt automatique du réacteur en cas d’accident sérieux. En ce qui concerne les déchets, le centre est le premier à avoir obtenu la certification ISO 9002 pour son système qualité. Dans ce service, on distingue : les déchets à «courte vie» qui représentent environ 90 % des déchets, ils sont envoyés à Soulaines dans l’Aube qui doit les stocker 300 ans. En ce qui concerne les déchets à « longue vie », c’est à dire environ 10 % ils proviennent directement du combustible usé, ils sont vitrifiés et envoyés a l’usine de retraitement de la Hague.

Le centre nucléaire de Dampierre, c’est aussi : plus de 21 milliards de KW/h produits en 1999, 1150 agents travaillant sur le site, des milliers de visiteurs. Depuis 1983, ce sont les rejets de la centrale qui fournissent des eaux tièdes au domaine horticole des Noues pour chauffer serres et tunnels.

L’eau de la Loire, est-elle réchauffée à la suite des rejets ? Cela a t-il une influence sur les différentes espèces vivantes ? Une chose est certaine, on comprend mieux l’importance des barrages dans le haut bassin, (Villerest, Naussac) pour assurer un débit minimum de 60 m3/s à Gien pendant l’été au plus creux de l’étiage. Si un jour, sans parler de catastrophe irrécupérable, il devait y avoir une fuite sérieuse de produits radioactifs qui conservent leurs dangerosités plusieurs centaines d’années, ces barrages seraient-ils suffisants pour maintenir un équilibre ?                     

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