LE BARRAGE DE NAUSSAC

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ANCIEN VILLAGE DE NAUSSAC AUJOURD'HUI SOUS LES EAUX

Un peu en aval de Langogne, sur la rivière Allier une barre de béton s’avance pour alimenter la prise d’eau de « Naussac 2 ».  

                             

lâcher d'eau au barrage principal, au fond les travaux pour emmener l'eau de l'allier au pied de la retenue. 

Il faut savoir que dès l’origine du projet de barrage principal, une deuxième phase était programmée pour améliorer le remplissage de la retenue existante.

Naussac 2 comprend :
- Un seuil de prise d’eau sur l’Allier.  
- Un chenal d’amenée de 15 mètres de large et de 170 mètres de long.
- Une galerie d’un diamètre de 2,60 mètres pour une longueur de 340 mètres.
- Un nouveau seuil sur le Donozau afin de constituer un bassin de pompage équipé d’une vanne de 12 mètres de largeur.
- Une usine de pompage enterrée au pied du barrage principal équipée de 3 groupes de pompes de type DERIAZ. Celles-ci peuvent assurer un débit de 1 à 15 m3 selon les circonstances. D’une puissance de 3 MW au pompage ces groupes sont réversibles (c’est à dire qu’ils peuvent produire de l’électricité au turbinage) leur puissance est alors de 2,65 MW. L’objectif étant de réduire le coût de fonctionnement de l’ouvrage.

Naussac 2 existe simplement pour dériver l’eau de l’Allier, et l’amener au pied du barrage principal pour la pomper ensuite dans la retenue, et ainsi garantir un remplissage qui avait du mal à se faire naturellement.

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La première phase étant le barrage principal de Naussac.

Situé un peu en retrait sur la gauche il s’agit d’un ouvrage poids. En fait, depuis bien longtemps E.D.F. avait réalisé des études préparatoires.

Deux projets furent envisagés puis abandonnés.

 Le premier, devait produire de l’électricité et irriguer le bas Languedoc, il fut stoppé pour des raisons politiques et énergétiques.

Le second, prévoyait trois mini barrages, tous sur l’Allier certains emplacements sont connus, Jonchères fut longtemps à l’étude pour être l’un des trois sites. L’avantage de ce projet résidait dans le fait que hormis une production de courant électrique, il écrêtait les crues du haut val d’Allier. Cette réalisation fut abandonnée pour ne pas compromettre l’alimentation en eau du Val de Loire. Les écologistes s’en réjouissent aujourd’hui.

En 1968, le Comité de bassin Loire Bretagne reprit à son compte la proposition de créer quatre barrages, dont Naussac 1 sur l’Allier et inscrit celui ci au programme du 6eme plan. Le 17 décembre 1970, un comité interministériel charge la S.O.M.I.V.A.L (société mixte pour la mise en valeur de l’Auvergne et du Limousin) d’une étude sur le site de Naussac.

En décembre 1971, le projet de barrage réservoir est présenté aux élus Lozériens, aux habitants de la ville de Langogne toute proche, mais surtout aux habitants du petit village de Naussac qui doit être noyé, ainsi qu’aux agriculteurs locaux qui doivent être expropriés.

Depuis quelques années on assiste à la naissance des mouvements écologiques, c’est également l’époque du camp militaire du Larzac aujourd’hui oublié. Les tractations politiques, l’information locale et la campagne médiatique qui vont suivre prennent désormais en compte ces éléments nouveaux. S’engagent  alors des négociations sur la base d’études réalisées entre autres par l’I.N.R.A d’Orléans (livre de O Nougarède Naussac en Margeride) exclu du prêt mais qui peut être consulté sur place à la médiathèque de la ville.

Le 06 février 1976, un arrêté déclare d’utilité publique le barrage qui va être construit. Les C.R.S vont faire une brève apparition, j’ai encore en mémoire cette compagnie efficace sûrement dans les villes, mais dont les hommes déployés ici ressemblaient à des fourmis en uniformes et carabines, perdus à flanc de coteau au milieu des genêts.  

LE CLOCHER DANS LE NOUVEAU VILLAGE

 Après une brève opposition, et un grand rassemblement des divers mouvements sur le terrain du futur chantier, les travaux commencent. Le nouveau village de Naussac est reconstruit au dessus de Langogne, le clocher de l’église est défait pierre par pierre et reconstruit au centre des nouvelles constructions style H.L.M qui sont loin d’être une réussite. Ces habitations sont trop serrées, les architectes n’ont pas pris en compte le goût de liberté des habitants de cette Lozère qui se sont empressés de ramener immédiatement sur leur terrain trop exigu, un bric à brac indescriptible. Désormais hantés par le souvenir de leur jeunesse, les anciens peuvent à quelques pas de chez eux rechercher le passé lorsque les eaux de la retenue sont basses.  

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 Les agriculteurs furent indemnisés, bien souvent ils ont pu racheter une ferme plus ou moins éloignée et sont partis avec toute leur famille. Une aubaine parfois pour certains paysans des départements voisins. Le sud de la Haute Loire par exemple a bénéficié de quelques implantations de ces nouveaux agriculteurs de Naussac, cela a contribué au ralentissement de l’exode rural très fort dans cette région de moyenne montagne. Mais revenons au barrage qui lui est bien là.   

Sa contenance théorique est de 190 millions de m3 à sa cote maximale de 945 mètres, il forme alors un plan d’eau de mille-cinquante hectares.

Il est alimenté par les apports des ruisseaux de la cuvette de 15 à 20 millions de m3 par an en moyenne, ainsi que par le bassin versant du Donozau qui est obstrué par un petit barrage poids soit au total environ 50 kms².  De plus, une dérivation souterraine des eaux du Chapeauroux est réalisée, soit 70 millions de m3 supplémentaires par an. En 1998 par exemple, selon le journal la République du Centre du 22 septembre : « pour satisfaire l’objectif des 60 m3/seconde à Gien dans le Loiret, les volumes disponibles cette année étaient de 151 millions de m3. Le soutien maximal a été atteint le 12 août avec 11,2 m3/seconde. Au 15 septembre dernier, Naussac ne disposait plus que de la moitié de sa capacité totale soit 94,7 millions de m3, soit un déstockage moyen de 56,5 millions de m3, une année normale ; Mais un étiage tardif n’est pas à exclure ». On se rend compte que si nous avions un automne et un hiver sec, l’objectif des fameux 60 m 3/s à Gien serait difficile à tenir. Les pluies de fin septembre ont apporté un répit provisoire, une amélioration notable, mais la décroissance générale rapide des débits des rivières confirme la faiblesse des réserves d’eau naturelles, en surface et dans les nappes.

Enfin, selon les engagements pris à la construction du barrage afin de permettre une saison touristique correcte, il doit rester au premier août un plan d’eau de 940 hectares, et 880 hectares environ au premier septembre.

Le barrage principal est alimenté également par Naussac2, qui pompe l'eau directement dans la rivière Allier (comme indiqué ci dessus).

La gestion des ressources en eau du haut bassin de l’Allier influence considérablement le débit moyen de la Loire. Désormais tout au long de son cours et de ses affluents : syndicats mixtes, conseils généraux, naturalistes, et autres agences chargées des ressources en eau potable surveillent aussi bien quantitativement que qualitativement ce liquide précieux.  

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Les eaux calmes de la retenue de Naussac, mêlées aux autres apports des barrages sur la Loire ainsi que des affluents naturels constituent désormais un patrimoine hydrologique indispensable pour la vie, l’agriculture, l’industrie nucléaire et civile en moyenne et basse Loire.

La partie Nord du département de la Lozère a bénéficié également du développement du tourisme engendré par la publicité faite autour du barrage, ainsi que par la curiosité naturelle. L’essor de diverses activités de plein air ou nautiques, notamment la planche à voile très prisée ici du fait de la présence d’un fort vent de sud-est.