ST JACQUES DE COMPOSTELLE                     

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Au cœur des gorges sauvages de l'Allier circulent les pèlerins en marche pour St Jacques de Compostelle nous allons faire un petit bout de chemin avec eux:    

                               

La voie Podiensis, de nos jours le chemin de randonnée G.R. 65. conduit les pèlerins de la place du Plot au Puy en Velay, à St Jacques de Compostelle en Espagne en passant par Conques et le col de Roncevaux.

C’est au cours de la deuxième étape d’un parcours qui en compte onze jusqu'à Conques, que les « Jacquets », pèlerins partis du Puy longent la rivière Allier en cheminant par un étroit sentier, et franchissent cet obstacle sur un pont métallique à Monistrol. Le nouveau pont construit en 1999 suspendu 25-30 mètres au dessus de l’eau pèse 550 tonnes pour une longueur de 169 mètres. Les pèlerins font généralement une halte à l’église paroissiale. Derrière le chevet de l’église, une croix datée du XVIe Siècle, son fût est orné d’une coquille et d’un bourdon « symbole des Jacquets ».

L’origine du pèlerinage remonte à des temps très anciens. L’historien Jean Favier, résume les « motivations » dirions-nous de nos jours qui animaient les pèlerins du moyen âge en une phrase.

« Marche, Sois guéri ! Vois ! »    

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La naissance du pèlerinage de St Jacques de Compostelle dit : Jacques le majeur, baigne dans un halo de lumière merveilleuse à mi-chemin entre l’histoire et la légende, caractéristique de l’époque médiévale. En tout cas depuis plus de mille ans, Compostelle est le rendez-vous de millions de pèlerins qui ont un but commun : Vénérer le tombeau de St Jacques. Le premier pèlerin officiellement reconnu fut Gotescalc évêque du Puy en l’an 950 ou 951, qui ouvre une voie accompagné de nombreux hommes en armes, mais également de barons, d’ecclésiastiques, et sénéchaux... 

La terreur de l’an 1000, fut une période fastueuse pour ce pèlerinage. La guerre de cent ans (1337-1453) vint calmer l’ardeur des pèlerins, en effet il était particulièrement dangereux de circuler à pied ou à cheval dans ces contrées montagneuses ravagées par des bandes de « routiers » d’Anglais comme on les appelait à l’époque. (Voir histoire Du Guesclin).

La plupart des villages traversés possédaient une maison de prières « assemblée », tenue par des « Donats », anciens serviteurs des templiers (elles existent encore dans beaucoup de petits villages). Elles servaient de gîte offrant asile au voyageur par mauvais temps ou en période troublée.   

Par la suite, les guerres de religions virent des bandes de « coquillards » bandits détroussant et tuant le pèlerin. Louis XV interdira purement et simplement les pèlerinages à « l’estranger ».

La Révolution, l’Empire, ne feront rien et c’est seulement dans la seconde moitié du 20ème  siècle que les « Jacquets reprennent le bâton ». Leur motivation est toujours la même :    

« Marche, Sois guéri ! Vois ! » quelque puisse être ta blessure.

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Pour effectuer ce parcours de 1600 kilomètres le pèlerin doit être parfaitement équipé, au moyen âge cet équipement se composait : du bourdon, bâton multi-usages pour se défendre des loups, brigands, chiens. De la gourde, appelée parfois « calebasse » nécessaire pour la boisson. De la coquille, emblème du pèlerin, le jacquet n’avait celle ci qu’au terme du voyage. Il la cousait ensuite sur son vêtement en signe de reconnaissance. De la besace, elle servait de garde-manger, souvent en peau de bête celle-ci était légère car le pèlerin pratiquait le jeûne au cours de son voyage.

Quatre voies conduisent à Compostelle, elles se rejoignent au delà des Pyrénées. La voie Podiensis vient du Puy, la voie Turonensis de Tours, la voie Limovicencis de Limoges, la voie Tolosana de Toulouse. Ce sont des itinéraires mais certains pèlerins viennent de beaucoup plus loin, de toute l’Europe. 

Bientôt la voie Podiensis ou G.R.65., classé depuis peu au patrimoine mondial de l’U.N.E.S.C.O. sort des gorges sauvages et s’élève en terre Gévaudannaise, franchit l’Ance (petit affluent de l’Allier)  et arrive à Saugues, pays de Robert Sabatier l’auteur des « noisettes sauvages ». On ne peut passer par cette province sans remarquer la tour des Anglais, vestige de la guerre de cent ans. Sauvée par un enfant du pays (Lucien Gires artiste réputé) elle sert aujourd’hui de musée. En 1790 lorsque furent crées les départements, la province du Gévaudan perdit le canton de Saugues qui fut rajouté au Velay. Pour le Lozérien pur et dur, c’est un peu comme s’il avait perdu à l’échelle de la France son Alsace et sa Lorraine. Petit village à 960 mètres d’altitude, la réputation du Saugain provient de son esprit batailleur et de sa foi à toute épreuve, on le définit parfois ainsi : « un couteau dans une main, un chapelet dans l’autre ».

Ici, la procession au soir du jeudi Saint attire toute la région. Au milieu d’une foule immense les pénitents blancs, pieds nus, encagoulés,  promènent dans les rues du bourg une croix très lourde en chantant le « miserere ». Vêtu de rouge, l’un d’entre eux porte le poids de tous les péchés du monde, il ploie sous la charge et plie le genou presque à chaque pas. 

Au delà des rives immédiates de l’Allier s’étendent les monts de la Margeride,  le G.R.65 passe par Chanaleilles, la Chapelle st Roch, St Alban sur Limagnole, Aumont-Aubrac, Nasbinals, St Côme d’Olt, Golinhac, Conques. Seuls les pèlerins les plus endurcis poursuivent par le col de Roncevaux jusqu'à Compostelle.

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