LES HABITATIONS TROGLODYTES

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Certaines sont anciennes, les hommes ont très vite profité de ces abris naturels.

Dans le Saumurois existent sur les rives de Loire des demeures souterraines creusées à flanc de coteau dans d’anciennes carrières de tuffeau. Des Antilles arrivaient des sortes de noix de coco qui remontaient le fleuve en bateau jusqu'à Saumur, où le bois des coquilles était utilisé pour fabriquer des perles et des chapelets. La chair blanche était broyée et donnait une sorte de graisse que récupéraient « les peyrreyeux » pour alimenter leurs lampes quand ils creusaient les caves demeurantes ou « caveriaux » dans la profondeur de la falaise. C’est ainsi que peu à peu s’est crée un habitat troglodyte.   

Exploitées jusqu'à 15 et 30 mètres de profondeur ou en galeries, le travail ici ressemblait au travail de la mine à la différence que le tuffeau est blanc, comme de la craie. Le morceau était décollé et l’ouvrier savait qu’il allait « craquer » sur un banc de moellons spécialement conçu pour amortir la chute et éviter qu’il ne se brise. Une fois au sol la pierre de tuffeau était découpée selon trois formats bien précis : la « maraude » (60 cm de long sur 33 de hauteur et 22 d’épaisseur), la « douelle » ( 60cm de long sur 33cm de hauteur par 15 d’épaisseur), le « gabarier » (60 cm de long sur 33 cm de hauteur et 33 cm d’épaisseur), elle était appelée également le « pied carré », reste le « nantais » 50cm de long sur 33 cm de hauteur et 33 cm d’épaisseur.

La région compte des dizaines de kilomètres de galeries, une fois découpée la pierre servait à faire des cheminées, ou bien des habitations, des églises ...etc. La poudre des pierres friables servait à la culture du champignon. Les dernières carrières en exploitation ferment les unes après les autres. La marine de Loire a ainsi transporté au XIXe siècle des milliers de tonnes de pierres.

C’est ainsi qu’un nouvel habitat est né en bord de Loire, des carrières peu profondes ont été partiellement murées, portes et fenêtres ont été aménagées sur l’extérieur. La vie y est bien souvent communautaire les traditions y sont respectées, on se retrouve bien souvent le soir à la veillée pour la cuisson des fruits ou la lessive.

Dans la pièce principale à l’intérieur, c’est la cheminée qui est le centre elle sert également d’aération, elle émerge au dessus au  milieu des champs. Ici il fait une température constante autour de 13 à 15 degrés quelle que soit la saison. La pierre réfractaire qui est chauffée en hiver permet de diffuser dans l’ensemble de l’habitation une douce chaleur. La population ouvrière qui vivait là, pauvre en grande majorité a été remplacée peu à peu par une nouvelle catégorie d’habitants qui recherchent la nature, le silence et une vie un peu en dehors du monde. La résidence secondaire est devenue reine, quelques artistes ou autres professions libérales sont également venus s’installer avec toute leur famille. Ainsi les carrières de tuffeau se sont recyclées, certains extérieurs de demeures troglodytes vus de la Loire sont très  charmants.

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Actuellement, c’est pour la restauration de très nombreux monuments, que le centre de recherche sur « la matière divisée » de l’université d’Orléans la Source, œuvre dans son petit laboratoire de cristallographie. En effet, la pierre de tuffeau s’altère de trois manières différentes : poudreuse, alvéolaire, ou en plaques. Cela peut parfois se produire très rapidement la pierre réagit d’abord quand on l’extrait, dès son premier contact avec l’air. Ensuite elle crée une patine, sorte d’épiderme, une couche indurée par la cristallisation. Cette couche protège la pierre de l’eau. De plus, avec le temps viennent se greffer des micro-organismes, des algues, lichens, poussières....Sans oublier les ennemis de la vie moderne, couches de sulfatations dues à la pollution par les combustibles, éclairages de bâtiments publics etc.