PONT WILSON TOURS LES EXTRACTIONS DE GRANULATS                

                                        

                                                   Le pont Wilson à Tours

Lorsqu’en 1978, les piliers du pont de Beaugency furent restaurés, il y avait urgence. Il faut dire que l’effondrement du pont Wilson à Tours un dimanche d’avril de la même année fut un avertissement généralisé en moyenne et basse Loire.

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En effet, le fleuve roule sur un fond mouvant, constitué de sable et de graviers. L’expansion économique d’après guerre a favorisé l’extraction de matériaux. De Gien à Ancenis on constate, un abaissement de la ligne d’eau pratiquement généralisé, de plus de quatre-vingt centimètres à Orléans, un mètre cinquante entre St Hilaire St-Mesmin et Cléry St André, deux mètres à Tours (d’où entre autres, l’effondrement du pont Wilson), et trois mètres à Ancenis.

Cet abaissement, est dû à trois causes essentielles :

La première, la plus importante reste l’extraction de granulats du lit mineur du fleuve. En Loire moyenne, 0,6 Millions de Tonnes extraient en 1961, plus de 7 Millions en 1980. C’est à proximité des grandes villes que la baisse de niveau est la plus forte. L’édification d’immeubles en béton à la périphérie des agglomérations, a conduit les professionnels du bâtiment compte tenu du coût des transports à se servir au plus près.  

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La deuxième cause serait, la construction de barrages sur le haut bassin qui retiendrait en amont sables et graviers, limitant ainsi la reconstitution du lit de la Loire. Ce n’est que partiellement exact, lors de la démolition du barrage de Saint-Etienne-du-Vigan, sur l’Allier on n’a pas constaté d’amoncellement de matériaux, certes le lit de la rivière était constitué de sables et de graviers, mais dans des proportions moindres, les observateurs locaux ont seulement constaté, une rivière redevenue libre, propre, et saine. Par contre, lors de la vidange de la retenue de Grangent pour des raisons de sécurité afin que les parties immergées soient auscultées, les spécialistes constatent une accumulation de limons et de sédiments qui contiennent essentiellement des matières organiques (feuillages).

La troisième cause remonte au 19eme siècle, elle serait due à la création d’un chenal navigable en Loire, qui aurait recentré le cours du fleuve et permis une érosion plus forte.

Depuis 1995, les extractions de granulats sont interdites dans le lit mineur du fleuve, sauf pour des opérations ponctuelles d’entretien, ou de prises d’eau. Cette mesure a fait l’objet d’un protocole d’accord qui fut signé en 1981, entre d’une part, les syndicats des exploitants de carrières de sables et graviers et d’autre part, les ministères de l’environnement, de l’industrie, et des transports. Cet accord prévoyait une extinction progressive des prélèvements de matériaux échelonnée dans le temps jusqu’aux années 1990-1995, pour laisser le temps aux professionnels de se recycler.

On a toujours prélevé du sable dans le lit de la Loire, entre les extractions massives de ces dernières décennies, et une extinction totale des prélèvements, il était possible de choisir une solution intermédiaire. En effet en certains points le sable recommence à se déposer notamment dans certaines courbes, favorisant ainsi la végétation Que se passera t'il en cas de crue centennale,  dans quelques années....???   Les excès ne sont jamais bons,  l'interdiction totale est imbécile. Le sable ne se dépose pas forcement au pied de certaines levées fragilisées, par l'abaissement du lit du fleuve et encore moins aux pieds des piles de pont. On devrait autoriser à nouveau certains carriers à exploiter le sable de Loire en des endroits précis pour le bon écoulement des eaux. Peut-être en contrepartie, pendant quelques jours par an demander l'enlèvement de troncs d'arbres, et autres embâcles naturels. Sans jamais oublier que l'entretien du lit est la meilleure des protections contre les crues.

 Qui peut aujourd'hui affirmer que l'une des causes des crues catastrophiques du val de Loire 1846, 1856, 1866, n'est pas "le lit principal de la Loire" obstrué par le sable.

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