CRUES DE LA LOIRE                        

            

                            crue décembre 2003 Orléans,  Photo Michel Lefrère.

TABLEAU DES CRUES DE LA LOIRE DIGOIN  DE 1846 A 2005

ÉTÉ 2002, APRÈS LES CRUES EN ALLEMAGNE, EN AUTRICHE, TCHÉCOSLOVAQUIE, RUSSIE. QUE SE PASSERAIT-IL EN FRANCE si cela arrivait?????

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EN FRANCE, les ministres se succèdent, font beaucoup de discours,  On fait beaucoup d'études virtuelles mais le concret, où est-il ? 

Ils cèdent aux pressions écologistes. Bradent le barrage du Veurdre, et les constatations des ingénieurs depuis plusieurs siècles pour quelques voix supplémentaires aux élections futures. Si une inondation réelle doit avoir lieu, il sera bien temps de sortir les mouchoirs et de verser des larmes de crocodiles.

 

 où est le barrage écrêteur de crue du Veurdre ?? 

La Loire comporte trois types de crues :

1  les crues cévenoles,  dans le haut bassin.

 La Loire peut être très dangereuse, comme à Brives-Charensac en 1980 où suite à une violente crue il y eut 8 morts.

Ce qui s’est passé ici est une crue de type « cévenole » elle trouve son origine (d’après l’ingénieur hydrologue Zbigniew Gasowski du bassin Loire Bretagne, Conférence Jargeau 1998) dans le bassin méditerranéen. Elle concerne presque exclusivement le haut bassin de la Loire et de l’Allier. Les masses d’air chaud provenant de la mer Méditerranée, et même du Sahara chargées d’humidité lors de la traversée maritime, heurtent les hauteurs des Cévennes et du Vivarais.  « j’ai constaté le phénomène du déplacement des masses d’air venue du Sahara d’une manière très simple : ma voiture ayant couché à la belle étoile par fort vent de sud dans le département de la Haute Loire, j’ai remarqué au petit matin, une fine couche de poussière rouge sur la carrosserie ». Interrogés, Les habitants d’ici affirment tous que cela provient du Sahara.

Sur la crête des montagnes, cet air chaud et humide rencontre un front froid d’origine océanique ce qui provoque ces précipitations violentes et des crues gigantesques rapportées au bassin versant concerné.

En septembre 1980, la durée de rencontre des masses d’air a été de 14 heures. Les précipitations ont atteint par endroit jusqu'à 600 mm. Cela a provoqué des débits maximum qui ont atteint 2000 m3 seconde pour un bassin de 865 km² à Brives-Charensac. En ce lieu, le niveau de la Loire était de 0.30 mètre à 6 heures du matin, 0.70 m à 8 heures, 1m40 à 10 heures. A midi la cote de 2m80 était dépassée, à 13 heures le sommet était atteint avec 6m70, soit 6 mètres de plus que le matin du même jour. Cela coûta la vie à huit personnes , et fit trente blessés. En aval, pour un bassin versant de 3234 km² à Bas en Basset la crue était encore de 3300 m/s. A Villerest pour un bassin versant de 6585 km² la crue n’était plus que de 1800 m3/s, et 930 m3/s à Gien dans le Loiret. Les hauteurs de pluies sont données en millimètres. Par exemple, un terrain de mille m² sur lequel tombe 1mm d’eau collecte 1m3. On commence à parler de pluies diluviennes à partir de 200 mm d’eau par 24 heures. Autrement dit, si sur un terrain de 1000 m² il est tombé 200 mm en 24 heures cela représente 200 m3 soit 200 000 litres.   

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 2  Les crues océaniques,  surviennent principalement en saison froide après une longue période pluvieuse. Ces crues concernent surtout les affluents : Cher, Indre, Maine, Vienne.

3 Les crues cévenoles accentuées par les crues de type océaniques, et continentales  sont évidemment les pires. Des dates célèbres font référence en Val de Loire :1846,1856,1866.

En 1856 et 1866, le maximum de la crue s’est élevé à Gien  à 7200 m3 /s. Pour la seule rivière Allier le débit au Veurdre était proche de 4000 m3/s. Un seul barrage sur la Loire est vraiment efficace pour écrêter ces masses d’eau, Villerest. Naussac sur l’Allier est uniquement destiné au soutien des étiages.

Certes, le reboisement sur le haut bassin (plantations forestières d’épicéas en Vivarais, Haute-Loire, Puy-De-Dôme, Loire, Allier) atténue légèrement le phénomène. Autres constatations : le percement de lignes de chemin de fer en bordure de l’Allier et de la Loire dans les années 1860-1920. Ainsi que les lignes aujourd’hui désaffectées comme, entre-autres le Puy-Langogne jouent un rôle peut-être plus important qu’on ne le pense généralement. En effet, leurs fossés, digues, soubassements, ballasts, creusements dans le flanc des volcans retardent naturellement le ruissellement de l’eau dans les petits cours d’eau. La réalisation de nombreuses routes goudronnées depuis 1930 accentue le phénomène, les départementales empierrées, rehaussées, goudronnées limitent l’écoulement de l’eau, et sont autant de micro-retenues. On peut ajouter encore, le matériel agricole de plus en plus performant et la culture du maïs. La pluie s’infiltre d’avantage dans un champ labouré à l’aide d’un tracteur, qui trace un sillon de 40 cm de profondeur, qu’avec un labour du XIXe siècle profond de 20 cm, qu’une charrue tirée par deux vaches avait du mal à tracer après quelquefois une année de jachère. De plus, sur l’Allier et la Loire la viticulture était beaucoup plus développée  qu’aujourd’hui. Dans le département du Puy de Dôme par exemple, sur les berges de l’Allier et de ses affluents, 35000 hectares de vignes étaient soigneusement entretenues par un monde paysan à son apogée 1850-1920 avant l’exode rural et l’arrivée du phylloxéra. Aujourd’hui restent seulement 1500 hectares environ. Il faut observer au moins une fois, sous un orage violent, l’écoulement de l’eau sur une succession de vignes en pente pour comprendre la modification importante que ce phénomène à engendré. N’oublions pas non plus les millions de m3 qui sont utilisé (l’été) pour l’irrigation des cultures, les pompages en bordure du fleuve pour l’alimentation des villes en eau potable qui font baisser les nappes alluviales, les nombreux réservoirs communaux, le pompage et l’exploitation des eaux souterraines , les barrages E.D.F..... Les nombreux « plan d’eau » ou étangs de loisirs sur les affluents. 

L’abaissement de la ligne d’eau presque généralisée sur l’ensemble du bassin due aux extractions de sable. Depuis les années 1900 avec l invention du moteur à explosion, et l'industrialisation des ballastières en bordure du fleuve et proches des grandes villes, ce sont des millions de tonnes chaque année qui furent extraites.  

Cependant l’Allier et la Loire restent dangereuses.  

Depuis les années 1990 on ne peut plus draguer le sable dans le lit principal de la Loire. Combien de temps va t elle mettre à se reboucher encore 20 ou 50 ans, peut-être 1 siècle... ?  Une des causes des ruptures de levées en val de Loire, lors des inondations de 1846, 1856, 1866 n'est elle pas là (des bouchons de sable) ?  Qui aujourd'hui peut affirmer le contraire.                                      

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Dès le moyen âge les habitants des bords de Loire, ont essayé de cultiver et défricher les terres fertiles et limoneuses des vals. Progressivement, le lit mineur du fleuve est canalisé par l’édification de levées ou « turcies ». (les turcies sont un mélange de fascines en bois et en terre, renforçant localement le cordon alluvial et reliant des buttes insubmersibles).

Depuis 1450, la généralisation des levées dans l’Orléanais et en Touraine provoquent lors de crues importantes des ruptures. En effet, une levée n’est pas une muraille mais simplement une digue élevée en matériaux perméables bien souvent récupérés sur place. Elles furent rehaussées au cours des siècles pour atteindre huit mètres de hauteur. Une route goudronnée les chapeautent bien souvent, dans certains secteurs la circulation automobile vient très récemment d’être interdite pour éviter les dégradations constantes mais également pour en faire des pistes cyclables ou piétonnes, un observatoire magique pour admirer le fleuve Royal en toute sérénité.   

L’ingénieur Comoy démontra qu’un endiguement trop étroit et trop haut aggravait les crues. Les digues ne peuvent supporter les 8000 m3/s d’une Loire en furie. Le débit maximal est d’environ 6000 m3/s. La commission qu’il dirigeait proposa de créer 85 ouvrages de retenues, soit : 22 sur la Loire supérieure d’une capacité de 300 millions de mètres cubes, et 63 réservoirs sur l’Allier soit 286 millions de mètres cubes. Ce programme ne fut jamais réalisé. Avec l’arrivée du chemin de fer, les investisseurs abandonnèrent les bords de Loire pour les bassins sidérurgiques plus rentables. Dans les dernières décennies ce fut la bourse, actuellement on essaie de développer le tourisme avec la Loire à vélo.  (Les fonds destinés à l entretien du lit de de Loire sont-ils bien utilisés)??.

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Les vals jouent un rôle important de régularisation. Depuis le bec d’Allier jusqu’à Angers, ils sont inondés différemment selon la hauteur d’eau. Par exemple, une crue décennale de 2 à 3000 m3/s à la confluence Allier-Loire se déverse immédiatement dans le val de Léré, alors qu’il faut une crue cinq centennale, 8000 m3/s au même endroit pour que le val d’Orléans soit submergé par déverse ou sur verse. Ce qui n’exclut pas les infiltrations. 

Le bassin de la Loire couvre 110 000 km2 soit 1/5 du territoire national. Les précipitations annuelles moyennes sont de 670 mm à St-Nazaire, 600mm à Angers, 700 mm à Blois, seulement de 620 mm à Orléans Bricy. Plus à l’est elle peuvent atteindre 1600 mm sur le Morvan. Sur le plateau Ardéchois, la Haute-Loire, les monts du Forez, la chaîne des puys, le plateau de Millevaches ce sont entre 1200 et 1600 mm, par an. C’est pour cela, que le Massif-Central a été baptisé « château d’eau de la France ». 

Un réseau d’alerte de crues a été mis en place pour l’élaboration de prévisions fiables, et permettre aux autorités de prendre les mesures nécessaires d’évacuation pour éviter les pertes en vies humaines. Il s’agit du réseau « C.R.I.S.T.A.L » Centre Régional de Télémesures pour l’Aménagement de la Loire. Il fut créé en 1993.

Il existait déjà des observateurs de terrain, Cristal est plus complet il se compose d’un réseau possédant à la date de sa création 115 points de mesures. 85 pour la hauteur d’eau des rivières, 23 pour les précipitations (fluviographes), 2 pour les débits et 5 pour les températures.  

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A partir de ces stations, les données parviennent aux ordinateurs centraux de Cristal par un réseau de relais Hertzien ou téléphonique. La gestion des étiages fait appel au satellite Argos. Ce dispositif à été récemment complété avec la mise en place du radar de pluie à Sembadel en Haute Loire près de la Chaise Dieu, qui permet d’avoir une idée des pluies au moment ou elles tombent et non pas au moment ou elles s’écoulent dans les rivières.

Ce système Cristal étudie également les différentes crues et compose des modèles « simulations sur ordinateur grandeur nature ».

De plus, il existe également un atlas des portions de territoires inondables qui a pour but de faire ressortir les zones d’aléas homogènes. Ces cartes géographiques du val de Loire permettent de connaître les secteurs les plus exposés. Ainsi du bec d’Allier à l’amont de Nantes, dix-sept atlas existent à l’échelle 1/25000e. Dessus figurent les différentes données hydrauliques et historiques. En principe, tous ces documents servent de base pour les plans d’urbanisme en cours d’élaboration. En effet, selon les aléas (profondeur de submersion et vitesse du courant) le risque est différent, les autorités doivent en tenir compte pour interdire les implantations dangereuses et assurer les équilibres naturels. Cela est-il toujours respecté ?????

Selon les simulations de l’ancienne équipe pluridisciplinaire du « plan Loire » basée à Orléans, le rapport de 1998 dénonce vingt  kilomètres de points bas sur 20 sites différents où l’eau passerait par dessus les levées en cas de crues (centennales ou cinquantennales). Figurent également 60 points noirs où la levée présente un important risque de déstabilisation. Des travaux sont à l’étude pour prévenir ce risque à l’aide de palplanches enfoncées à la base de la levée pour éviter que l’eau ne s’infiltre en dessous, suite à un renard hydraulique par exemple ou bien de part l’abaissement du lit naturel du fleuve.          

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Dans le cadre de la modernisation du réseau Cristal, en ce début de troisième millénaire, cinq pays de l’union Européenne (Allemagne, Italie, Pays Bas, Pologne, France) travaillent sur un système d’alerte et d’informations baptisé Osiris (Opérational solutions for the management of inundation risk in the information society). La Loire et l’Oder fleuves sensiblement de même « profil » serviront de cobayes. Ce projet intègre les technologies les plus modernes de communications : le téléphone mobile et Internet.  Certes on ne peut plus vivre comme au cours des siècles précédents, cependant la lutte contre les inondations doit être concrète et non virtuelle.

 le XXe siècle à pris également part à cet effort avec la construction de Villerest "porté à bout de bras par jean Royer". Depuis 1900, les villes et l’industrie sont de plus en plus gourmandes en eau (barrage de Lavalette), de plus l’essor économique et la raréfaction des énergies fossiles ont modifié la politique énergétique de la France et amené celle-ci à construire une trentaine de barrages hydrauliques ou de soutien des débits sur l’ensemble du bassin.

EN TOUT PETIT Peut être un autre barrage hydraulique pour fabriquer de l électricité après la catastrophe nucléaire japonaise de 2011 (même si on ne peut prononcer en France le mot "barrage" sans avoir aussitôt les dictateurs du tout écologique qui crient au scandale.

Le XXIe siècle doit poursuivre cet effort et mettre définitivement à l’abri la Loire Moyenne et la Basse Loire. Que ce soit avec des micro retenues en amont, un déversoir dans le département de l’Allier en zone non habitée pour remplacer le Veurdre, des seuils mobiles, un autre barrage pour faire face à la pénurie d’eau dans les années 2050 et produire de l électricité propre etc.........

il semble qu’en supprimant la retenue du VEURDRE on met en doute les constatations des ingénieurs du XIXeme siècle, et ceux du siècle suivant qui n’ont cessé de répéter qu’il était indispensable pour une lutte efficace contre les inondations en Loire Moyenne. Les études ont été réalisées, elles sont dans les "disques durs", de l'ancienne équipe du plan Loire qui a brutalement changé d avis ???? . POURQUOI on parle de promotions arrivées fort à propos ???...rumeurs..............

 La décision est toujours politique, l’ouvrage écrêteur du Veurdre,  s'il avait été construit, avec une dérivation pour permettre le passage des saumons,  n'aurait été appelé à fonctionner que très occasionnellement lors des grandes crues. Il possèderait un pouvoir écrêteur dominant vis à sis des secteurs inondés en Loire moyenne.   

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L’urbanisation galopante de ces dernières décennies dans la vallée de Loire a désormais un coût en cas d’inondation importante (du type de celle de l’Oder en Pologne et en Allemagne à l’été 1998). Pour une crue du genre de 1856 sur les 450 kilomètres séparant Nevers d’Angers, ce serait : 10 milliards d'euros de dégâts, 300000 habitants seraient menacés et inondés, 13600 entreprises dont 500 de plus de 20 salariés, 75000 emplois et 80000 logements subiraient la catastrophe d’une crue exceptionnelle. De quoi faire réfléchir…   (n'oublions pas les centrales nucléaires même si en principe elles sont à l abri derrière leurs digues).