LE SAUMON                                        

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Cette photo date de 1856, elle provient d'une exposition au village d'Ouides en Haute-Loire qui se situe à moins de 4 km de l'Allier. Il s'agit d'un concours national de pêche organisé à la Bajasse Vieille Brioude.

L’Allier roule ses eaux et la voici proche d’un petit village pittoresque : St Etienne du Vigan. Vidangé au préalable, son barrage en béton qui datait de 1955 vient d’être démoli. C’était une revendication déjà ancienne des écologistes et des pêcheurs. Le vieux barrage de pierres qui était caché par les eaux est réapparu, il datait du siècle dernier.  

Ce passage sur le Saumon est inspiré d'un article paru dans une revue des naturalistes Orléanais légèrement modifié mais cependant très explicite.

L’Allier est désormais libre, elle a retrouvé son cours normal, le fond de la retenue était très propre, pas de sédiments mais seulement du sable et du gravier. Une excellente frayère pour les saumons, le courant y est rapide, de novembre au milieu de décembre la femelle creuse son nid avec sa nageoire caudale. Elle pond ses œufs qui demeurent ainsi jusqu'à fin janvier, le mâle les féconde de sa laitance. Une fois éclos l’alevin se met à frétiller, à huit mois il change de nom pour s’appeler « tacon ». On estime que sur 1000 œufs pondus, seuls 16 tacons quittent les frayères qui les ont vu naître.

Petit à petit il se teinte d’une couleur argentée on le nomme alors « smolt », bientôt âgé de 1 à 2 ans, il commence à descendre le fleuve, à raison de 15 à 30 km par jour, et devra éviter mille embûches, pour rejoindre l’océan Atlantique. Le saumon de France part 3 à 4 ans retrouver les membres de son espèce au Sud Ouest du Groenland avant de revenir se reproduire dans le cours d’eau de sa jeunesse. Il se nourrit de crustacés à piments caroténoïdes, ce qui lui donne sa chair rose. En 1900, un mois suffisait, pour remonter le fleuve aujourd’hui du fait des barrages, des passes et ascenseurs à poissons, plusieurs mois lui sont nécessaires.

Lorsqu’il quitte l’Antarctique, le saumon qui pèse alors une dizaine de kilos, cesse totalement de s’alimenter et puise dans ses réserves. On croirait qu’il est équipé d’un radar, il ne se trompe guère, à l’estuaire de la Loire il sait que c’est par là qu’il faut remonter, et au bec d’Allier il prend le bon embranchement (la branche mère constatent les uns, la sœur jumelle pensent les autres) peut être également la proximité du barrage de Villerest sur la Loire. On dit que c’est la position des étoiles qui le guide ou bien le champ magnétique de la terre, mais il possède également des souvenirs olfactifs qui le renseigne sur la voie à suivre. La remontée s’effectue au début de l’hiver. Le voici de nouveau à St Etienne du Vigan, sur le lieu de sa naissance il fécondera les œufs pondus par une femelle (en moyenne 8000 par femelle). Après la reproduction, la mâchoire inférieure du mâle prend la forme d’un crochet, ce qui lui vaut le nom de  « bécard ». Peu de saumons refont un deuxième parcours la plupart meurent quelque part dans la rivière où ils sont nés. D’après les spécialistes, la population des saumons de l’Allier est passée de cent mille au siècle dernier à moins de cinq cents. Les captures de quarante cinq mille en 1870 à douze mille environ en 1930, et seulement une centaine au début des années 1990. Sur la passe du pont barrage de Vichy en l’an 2000 les caméras de surveillance ont comptabilisés 377 remontées seulement. (Voir  nouvelle salmoniculture à Chanteuges)  

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En Loire moyenne, on fait référence à une clause du contrat d’engagement des ouvriers agricoles, qui stipulait qu’ils ne devaient pas manger de saumon plus de trois fois la semaine. Cette clause si elle a réellement existé en bord de Loire fait sourire aujourd’hui.  

Voici une poésie écrite par Mr Simon de St Cyr en Val dans le Loiret.

                                  Le barrage est levé  

                                           La débâcle est prochaine

                                   Les moulins soulevés

                                           Vont tirer sur leur chaîne.  

 

                                  Les hommes qui se meuvent  

                                            Repèrent les dorsales 

                                Qui fleurissent le fleuve  

                                           En étranges pétales.

                                                                            

                                Voici que le printemps

                                          Reconduit les bécards

                                 Bientôt viendra le temps  

                                         De riper sur l’amarre.

 

                                 Et le grand Barolet  

                                          Rapporte des saumons 

                                  Tirez du gris-meunier

                                         C’est pour le pèr’ Simon.    

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LA SALMONICULTURE DE CHANTEUGE.

l’Etat, par l’intermédiaire du ministère de l’environnement installe le S.M.A.T. (Syndicat mixte d’Aménagement du Haut-Allier) maître d’œuvre de l’ensemble des opérations. Son but, réintroduire en masse le saumon dans le bassin Loire-Allier. Malgré des débuts difficiles, le S.M.A.T souhaite gérer les investissements à réaliser : il s’entoure de l’assistance technique des experts du conseil supérieur de la pêche pour optimiser et privilégier les technologies de pointes, qui ont fait leurs preuves dans plusieurs piscicultures étrangères (notamment au Québec). Par ailleurs, en 1994, un concours d’architecture et d’ingénierie est organisé, le contrat passé avec le lauréat retenu est résilié pour différents motifs. Le S.M.A.T. recherche alors un nouveau concepteur, début 2000 le dernier projet semble conforme au cahier des charges ainsi qu’à l’enveloppe budgétaire prévue. D’un coût de 35,5 millions de francs, pour une surface de 8000 m² elle est la plus grande d’Europe dans sa spécialité : le repeuplement des rivières. Aujourd’hui, quelques centaines de milliers d’alevins frétillent dans de grands bacs carrés d’une dimension de 2 mètres sur 2 en espérant que petit poison deviendra grand. Dans la salle voisine, 32 « bacs de stabulation » circulaires sont réservés à de vrais saumons de l’Allier sauvages et capturés par piégeage au barrage de la Bajasse près de Brioude. Ils portent dans leurs flancs la promesse des générations futures.

Dans un cadre plus général est née l’idée d’une « route du saumon » qui aurait pour origine la ville de Moulins ou Vichy. surplombant le cours d’eau sur presque sa totalité elle viendrait se perdre au cœur des gorges profondes.

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