LE PLATEAU DU DEVES                    

                                    

le château de la Rochelambert un temps demeure de Georges Sand

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Le Devès ou Velay de l’ouest est délimité par les vallées de la Loire, de l’Allier et de la Borne. Il recouvre environ 850 km2 et forme le plus vaste plateau volcanique de France. Au sommet du mont Recours, proche de Cayres à 1400 mètres d’altitude deux tables d’orientation en lave émaillée ont été installée par l’O.N.F (Office National des Forêts). Un cône de type Strombolien est typique dans ce secteur il s’agit du lac du Bouchet, (lac situé à 1208 mètres d’altitude, dans le cratère d’un volcan sa superficie est de 45 hectares). Si vous êtes en vacances, il vous est possible d’effectuer le tour à pied, un sentier dit « de Garou » est aménagé à cet effet.

La région produit les lentilles vertes du Puy, et possède une race de brebis bien spécifique « la noire du Velay ». Organisée en Syndicat d’élevage du mouton noir de Bains en 1931, dès 1932 elle participe au concours général agricole de Paris où elle reçut plusieurs prix. La « noire du Velay » doit son nom à son originalité et à la couleur de sa laine, d’un noir plus ou moins prononcé. Les parties blanches peu nombreuses sont localisées au front, et au tiers inférieur de la queue. La peau est également noire, certains reflets ardoisés sont visibles sur les bêtes fraîchement tondues. De plus cette brebis se caractérise par un agnelage précoce et souvent bi-annuel. Dans son pays d’origine Bains, « la noire du Velay » fait l’objet d’une fête annuelle, la festa de la neira, (fête de la noire en langage Vellave). Cette fête bien souvent au début de mai correspond à la transhumance des troupeaux pour les montagnes Ardéchoises ou du Puy De Dôme. Dans ce coin de la Haute-Loire les habitants ont pour habitude de regarder le ciel au dessus des volcans, certains proverbes météorologiques se sont ainsi imposés naturellement par exemple « quand le Tartas met son chapeau le berger met son manteau ». Il n’est pas rare, lorsque l’on observe un troupeau de remarquer une autre race de brebis « la bizet ». Parfaitement adaptée à ce milieu difficile, elle produit des agneaux de boucherie d’excellente qualité.  

 Sur le plateau, en hiver, la « burle » ce vent du nord balaie la neige et l’accumule en congères dans les moindres replis de terrain isolant ainsi le haut pays. Le froid rigoureux et les difficultés de circulation poussent les habitants à rester chez eux ; déjà pourtant confinés naturellement dans leurs montagnes ce qui a favorisé le conservatisme et un art de vivre qui revient à la mode aujourd’hui.

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 Les Vellaves anciens compagnons des Arvernes, face à Jules César sont décrits dans les siècles qui précèdent comme rebelles et farouches. George Sand de passage dans la région en 1859, dit avoir vu dans plusieurs auberges des hommes piquer leur couteau sous la table prêts à toute éventualité. L’habitat y est rustique une pièce principale autour de la vaste hotte de la cheminée où, des bancs à dossiers et montants de chaque coté, (les cantous) offrent la possibilité de s’asseoir pour avoir chaud pendant les longues veillées d’hiver. Taillé dans la tête d’un sapin, le « bouffadou » a également sa place au coin de la cheminée, il s’agit d’une sorte de canne creuse qui permet de souffler pour attiser le feu. Une table dont les tiroirs à chaque bout permettent de ranger le pain et les couverts, une « maie » pour la farine et pour pétrir la pâte. Des cloisons en bois, dans lesquelles sont nichées un ou deux lits clos, parfois une horloge en cuivre encastrée, un vaisselier vitré appelé « drissadou » où trônent quelques assiettes décorées. Georges Sand affirme avoir vu jusqu’à six personnes dans le même lit, et Jules Romains enfant du pays en fait quelques descriptions approchantes. De l’autre côté de la cloison, c’est l’étable qui apporte sa chaleur un lit clos est réservé au domestique qui dort avec les bêtes. Heureusement depuis 1950 cette situation a évolué, à l’entrée du troisième Millénaire, c’est avec une certaine nostalgie que les Auvergnats se retournent sur leur passé.

L’horloge a gardé tout son charme, elle laisse toujours songeur, il faut dire qu’elle rythmait la vie de la famille de son tic-tac et de son va-et-vient régulier. Placée bien souvent dans la cuisine sa caisse en bois était peinte en marron, le haut vitré laissait apparaître un cadran blanc avec les chiffres noirs. Tout le reste, était en cuivre, la « mémée » le faisait reluire de temps à autre avec soin, un chiffon et de la pâte « méccano ». L’horloge est symbole de la vie, lorsqu’il y a un deuil à la maison l’auvergnat arrête encore de nos jours le mouvement du balancier et surtout la sonnerie en hommage au mort pour un temps qu’il juge convenable, mais bien vite le tic-tac reprend le dessus et elle sonne à nouveau les heures dans l’indifférence générale. Ce territoire détient quelques autres particularités : tout d’abord chaque village même le plus modeste possède son four banal pour y faire cuire le pain. Ensuite, quelques bourgs ont conservé « l’enfeu » petit monument en basalte recouvert de lauzes qui servait pour y déposer les corps que l’on ne pouvait inhumer à cause du sol gelé lors des hivers trop rigoureux. Sans oublier les nombreuses croix de pierre qui jalonnent les routes et les chemins de cette terre de foi et d’histoire.  

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Georges Sand ne fit qu’un seul voyage, dans cette province du Velay. Cependant elle situe deux de ses romans en pays Vellave, « Jean de la Roche » et « le marquis de Villemer ». La légende insinue que Jean de la Roche ait été écrit au château de la Rochelambert. Son emploi du temps a été reconstitué lors de ce voyage, il est matériellement impossible que cela fut exact. D’ailleurs son roman porte la mention : Nohan le 1er octobre 1859 et non la Rochelambert. Enfin elle écrit en parlant de la ville du Puy : « Ce n’est pas la Suisse, c’est moins terrible, ce n’est pas l’Italie c’est plus beau, c’est la France centrale avec tous ses Vésuses éteints».

Dans la vallée de l’Allier, le petit village de Chapeauroux

Au détour d’une boucle sur un piton rocheux tout proche d’Alleyras, il reste un pan du château de Rochefort. L’histoire locale nous apprend que ce manoir appartenait d’abord aux seigneurs de Montlaur depuis 1274. A partir de 1489 les marquis de Rochefort se succédèrent, et le 17 mai 1652 le domaine fut vendu à Hugues Pradier allié de la famille d’Agrain. Son fils Jean continua la lignée, et de 1732 à 1744 Armand Aimable Pradier d’Agrain fut marquis de Rochefort. Dans ces gorges de l’Allier il reste quinze châteaux comme celui ci. Au XIIIe siècle s’installèrent des seigneurs sans territoire, malgré l’interdiction du roi, pour vivre, ils instaurèrent un droit de péage pour traverser l’Allier. C’est ainsi, que les commerçants chargés de laine de cuir, les pèlerins de St Jacques de Compostelle, etc. furent taxés. 

Cependant d’après les « dires locaux », il existe également une petite histoire qui attribue la construction de ce château aux Romains. En effet, sur la rive droite de l’Allier des documents anciens signalent la présence d’une voie romaine entre Mazemblard et le Bouchet st Nicolas alors que sur la rive gauche sur les hauteurs toutes proches, existait une autre voie Romaine. Il est bien possible qu’un pont fut établi en cet endroit juste au dessous du château et que cette forteresse fut construite pour en surveiller le passage. Il y eut un pont c’est certain puisque rive gauche une pile avec l’amorce d’une voûte est encore visible. Les légions Romaines ont-elles circulé dans ses gorges profondes ? On peut le penser, car la voie Apia en provenance de Toulouse, et la voie Regordane en provenance de Nîmes se croisaient non loin de là à Chapeauroux. La conquête de la Gaule aurait elle suivi l’Allier ?... 

D’autant plus que certains n’hésitent pas à affirmer que St-Nazaire se situe sur les berges de l’Allier. Voici les vieilles disputes qui ressortent, César qui nommait « Elaver » l’Allier aurait-il rangé la Loire « Liger » au nombre des affluents comme certains l’affirment. Sans aller aussi loin que Marcelin Boudet en 1890, qui écrivait dans le Bulletin de l’Académie des Sciences et des Belles Lettres et Arts de Clermont Ferrand que « l’Allier c’est la Loire et la Loire c’est l’Allier » il affirme, que l’Allier portait le nom de la Loire du temps des romains et jusqu’au moyen âge. Il prétend également dans un ouvrage exclu du prêt à la bibliothèque d’Orléans, que depuis son embouchure jusqu'à ses deux sources, la Loire, à eu un nom générique « la Loère » El Lauer signifiant « l’eau » et un nom populaire « l’allègre » surnom qui veut dire « la gaie, la vive, la rapide ». Une certaine confusion se serait installée d’autant plus que la Baronnie d’Allègre en Haute Loire étendait son territoire de la vallée de l’Allier à celle de la Loire. Peu à peu, ce serait la tradition populaire qui aurait ainsi nommé la « vraie Loire » ?

En ce qui me concerne, la Loire reste la Loire et l’Allier même si son cours est un peu plus long, son nom masculin, et son débit hors crue plus important, cela reste l’Allier. Toutefois, j’ai cru important de ne pas dissocier les deux car il est vrai que lorsque l’on regarde une carte hydrographique on penserait voir jusqu’au bec d’Allier des sœurs jumelles.

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