carte de la vallée du Haut Allier    

                                                                      

 

Peu après Langogne, au niveau de Naussac l'Allier s'enfonce dans ses gorges. Elle roule ses eaux et la voici proche d’un petit village pittoresque : St Etienne du Vigan. Vidangé au préalable, son barrage en béton qui datait de 1955 vient d’être démoli.                  

 POUR VOIR LE BARRAGE DÉMOLI cliquez ici

                         RETOUR MENU                            

C’était une revendication déjà ancienne des écologistes et des pêcheurs. Le vieux barrage de pierres qui était caché par les eaux est réapparu, il datait du siècle dernier.

L’Allier est désormais libre, elle a retrouvé son cours normal, le fond de la retenue était très propre, pas de sédiments mais seulement du sable et du gravier. Une excellente frayère pour les saumons.                    

Le haut-pays, sur la  rive droite de l’Allier est une contrée montagneuse du Massif Central 1000 mètres d’altitude en moyenne, c’est une région rurale faiblement peuplée. Il s’agit du département de la Haute Loire. Zone volcanique très ancienne, cônes de scories (d’où est extrait des carrières la pouzzolane), tables basaltiques, pointements phonolitiques, donnent au terrain des formes variées. A la confluence de la Tioule, se dressent les ruines du château de Jonchères perché sur un rocher escarpé. La baronnie de Jonchères relevait en 1164 de l’évêché du Puy et dont le châtelain à la fin du XIIIe siècle était un certain Gilbert de Saint-Hâond.  Le plateau du Devès est délimité par les vallée de l'Allier de la Loire et de la Borne. C'est le plus vaste plateau de France il s'étend sur 800 km².

                        RETOUR MENU

 Ici la vallée de l’Allier où dévalent des eaux fraîches et tumultueuses est magnifique, des roches hirsutes se dressent vers le ciel ; ces gorges comptent parmi les plus belles et les plus préservées d’Europe occidentale. La ligne de chemin de fer Nevers à Nîmes (le Cévenol) longe la rivière, de nombreux tunnels y ont été percés au flanc de la montagne pour le passage de la voie ferrée. De la Bastide St Laurent à Langeac, c’est une véritable prouesse technique pour l’époque de construction qui a été réalisée, (1864-1870) pas moins de cinquante-trois tunnels, et plusieurs viaducs. Le tunnel de Prades par exemple 163 mètres est taillé dans la roche à la pioche, la poudre, ainsi qu’à l’huile de coude. Le viaduc de Vabres possède douze magnifiques arches, il est entièrement maçonné. Les explosifs actuels n’existaient pas, au plus fort de la construction en 1868 le long de la voie ferrée des villages en bois les « cambuses » s’élevèrent ici dans ces gorges profondes. Douze mille ouvriers furent embauchés pour effectuer ce travail gigantesque, des Toscans, des Espagnols, des Piémontais, mais aussi des Français, et nombre d’Auvergnats et Lozériens qui dormaient dès les beaux jours dans la nature ou sur la paille. Un chantier comme celui-ci ne se déroule pas sans accidents, plusieurs crues vont gêner les travaux, des morts par noyades sont à signaler. La célèbre crue de 1866, est la plus forte jamais observée sur l’Allier. Des dégâts très importants, retardent l’avancement de l’ouvrage, des dizaines de maisons, de Chanteuges à Prades en passant par Langeac sont emportées. De plus, on imagine ces ouvriers jeunes et vigoureux en période d’intempéries vivant reclus sur eux-mêmes en dehors du monde. Les bagarres et beuveries sont innombrables, à la demande des responsables de la compagnie Paris-Lyon Méditerranée (P.L.M) la police, est contrainte de créer des postes avancés tout au long de la ligne. Malgré tout cela, les travaux s’achèvent et, le 4 mai 1870 deux trains, l’un parti de Villefort, l’autre de Langeac se rejoignent sur cette voie unique à Langogne.   

Dans la vallée se situe le barrage de Poutès-Monistrol.

A Monistrol d’Allier se réunit parfois également le comité de pilotage du S.I.C.A.LA. (syndicat intercommunal de la Loire et de ses affluents). Crée en 1987 l’Allier en possède également un. Il s’agit de gérer et d’aménager le lit et les berges des cours d’eau. Ces opérations de nettoyage, débroussaillage, sont confiées par le syndicat à des équipes "vertes". C’est ainsi qu’en 1998 par exemple 22 kilomètres de berges ont été restaurés sur l’Allier, soit environ 22 hectares. Des travaux de végétalisation, protection des talus, construction de fossés, enlèvement d’embâcles sont en cours. Espérons qu’il s’agit là d’un outil efficace contre les crues (pas seulement d'un "récupérateur de subventions" provenant de diverses origines. Les S.I.C.A.L.A. sont retenus dans les prochaines années, pour être au centre des futurs programmes d’aménagement sur l’Allier et sur la Loire.     

Au coeur des gorges sauvages circulent les pèlerins en marche pour St Jacques de Compostelle   

                     RETOUR MENU                

Les gorges de l’Allier aux nombreux rapides, voient la pratique du canoë-kayak ou du raft se développer rapidement, une licence de compétition y est obligatoire dans certains secteurs, partout les consignes de sécurité doivent être respectées. Canoë et kayak ont des origines différentes. Le Kayak vient des Esquimaux (Inuits), il s’utilise avec une pagaie double, en position assise et nécessite une parfaite condition physique. Tandis que le canoë vient des indiens du nord du continent américain. Il se pratique à genoux et avec une seule pagaie. Le raft est un véritable radeau pneumatique, il est dirigé et propulsé à la pagaie par l’ensemble de l’équipage ce qui lui permet d’affronter des rapides de classe 3 à 4 sans apprentissage particulier. Il est très utile également pour le « lâcher de saumons » afin de les réimplanter à différents endroits de la rivière, difficilement accessibles par ailleurs. L’ydrospeed est également à la mode, c’est une sorte de luge utile surtout pour la protection palmes-combinaison. La navigation sur l’Allier est autorisée de 10h à 18h30, tous les jours hors période de fraie du saumon, l’interdiction est effective du 15 octobre au 15 mars.

 Les hauts plateaux environnants, sont essentiellement constitués de basaltes sortis à des températures de 1000 à 1200° donc très fluides. Ils se sont étalés, mais ici ils plongent à pic dans la vallée. Heureusement çà et là des petits bassins s’intercalent comme à Chapeauroux ou Saint-Christophe.

Saint-Privat-d’Allier a choisi de se faire connaître grâce aux rencontres contemporaines des mélodies du XXe siècle. Il s’agit de promouvoir un site magnifique, les festivaliers ne musardent pas sur les chemins de Rochegude, (le rocher aigu) ils s’extasient à l’écoute de poèmes ou bien de musiques : « Fauré, Ravel, Poulenc, Chabrier » sont au programme. Ce village est une ancienne place forte tenue aux XIIe et XIIIe siècles par les puissants seigneurs de Mercoeur.

Une autre particularité de Saint-Privat-d’Allier : la « station foudre » installée là en 1974 par E.D.F. et le commissariat à l’énergie atomique (C.E.A.). Il faut préciser que ce coin de France, est l’endroit le plus favorisé du territoire par les orages. Depuis Faraday, de nombreux travaux ont été réalisé pour étudier ce phénomène, mais ici, il s’agit de provoquer la foudre de la photographier et de la mesurer à l’aide d’appareils savants. Pour chasser les éclairs, l’installation dispose d’un pylône à partir duquel est tirée une fusée anti-grêle qui déroule un fil d’acier. Après des jours de patience, parfois l’éclair est piégé. Il descend le long du filin, puis arrivé au bas du pylône sa lumière aveuglante et l’énergie qu’il dégage sont minutieusement analysés et étudiés.

Un autre phénomène souvent décrit par les habitants de la région intéresse les scientifiques. Il s’agit de la « boule de feu » aperçue souvent sous les orages. Celle-ci paraît inoffensive et ne semble pas limitée au Velay. Les Grecs et les Romains en faisait déjà état, sans oublier les navigateurs qui les ont baptisés « feu de Saint-Elme » lorsqu’elles s’accrochent au sommet de mâts des navires. Au centre d’observation de Saint-Privat différentes thèses sont étudiées. 

                     RETOUR MENU

A remarquer également dans ces gorges profondes, non loin de Prades, aux pieds d’orgues basaltiques, la chapelle de Ste Marie des Chazes dont l’entrée se trouve tournée vers la rivière, cet édifice roman s’inspire de la cathédrale du Puy. Le 15 août s’y déroule une procession dédiée à la vierge. Le clocher-porche attire l’attention avec ses solides arcades, ses hautes baies, et son toit en pierres. Il est à noter, au chapitre des crues récentes et célèbres celle de juin 1951. Une trombe d’eau ravage la localité de Prades-St-Julien en bordure de la Seuge. Les dégâts sont impressionnants toutes les maisons sont touchées, huit sont en ruines.   

Saint-Arcons-d’Allier, juché sur un éperon rocheux, haut lieu du festival de poésie, possède un musée du fer blanc unique en France. Ce village, presque à l’abandon dans les années 1975, et dont les restes du château ont échoué en héritage à une dame de Langeac, qui s’accommoda fort bien de son nouveau statut. Elue maire de Saint-Arcons, peu à peu elle a patiemment restauré et aménagé le village en hôtel éclaté dont chaque maison est devenue chambre ou suites de l’hôtel. La localité conserve encore quelques anciennes demeures qui s’intègrent parfaitement dans cet ensemble charmant.

Le prieuré de Chanteuges sépare la Desge de l’Allier, il est implanté au sommet d’une coulée basaltique. Ce fut en 936, que la charte de fondation de l’abbaye bénédictine de St Marcelin fut signée. Elle se développa jusqu’au milieu du XIIe siècle. En 1137, sous la domination des moines de la Chaise Dieu elle fut convertie en prieuré. Sur les bords de l’Allier les témoignages religieux sont nombreux la confrérie Bénédictine influence tout le secteur, d’ailleurs Chanteuges devient la résidence d’été des moines de la Chaise Dieu.

Depuis cette époque, la petite localité vivait tranquillement au rythme des saisons, mais voilà que depuis peu un projet de construction d’une salmoniculture trouble la quiétude du pays       

                     RETOUR MENU

La rivière Allier est claire, vive, rapide. Elle peut encore avoir l’allure du torrent de montagne et creuse patiemment son lit dans les rochers de la vallée. Le régime du haut-Allier est irrégulier : hautes eaux du printemps et de l’hiver, basses eaux de l’été particulièrement marquées au mois d’août du fait de l’évaporation. Le rapport peut être de 10 à 1, ce qui est considérable. Bien que la retenue de Naussac atténue aujourd’hui le phénomène.

La variété géologique du bassin versant est naturellement essentielle pour bien comprendre le régime de la rivière. Sur le haut-Allier coté gauche (Margeride), ce sont des terrains granitiques imperméables en profondeur mais qui en surface prennent l’aspect d’un manteau sableux. Ils sont très arides l’été sur les hautes terres. Au fond des combes et des vallons de granite on voit s’écouler des petites sources très irrégulières. En revanche coté droit de l’Allier, sur les hauts plateaux de Haute-Loire, les roches volcaniques (scories, basaltes) sont perméables et constituent de véritables réservoirs d’eau. Lors de pluies, celles-ci s’infiltrent et constituent de véritables nappes souterraines elles peuvent parfois au hasard des failles, constituer de véritables ruisseaux souterrains dont la résurgence est appelée « Font »,« fontaine de grabille » ces sources peuvent être importantes plusieurs dizaines de litres par seconde. Généralement elles sont glacées, il faut éviter de s’y abreuver lorsqu’il fait grand chaud pour éviter le mal de gorge ou la congestion pulmonaire. 

Mais voici que soudain ses gorges profondes s’écartent les premières maisons d’une cité apparaissent.

Langeac forme un petit bassin entouré de montagnes, elle se développe autour de son château et de son église. L’ancienne collégiale Saint-Gall date du XVe siècle le chevet de la nef unique s’intègre aux fortifications de la ville, le clocher ressemble encore à un donjon.

  Plus tard, Langeac est une petite localité qui essaie de diversifier ses activités. Claude Faury est célèbre, car il créa un travail à domicile « la fabrication de perles de verres » malheureusement disparue de nos jours. Surnommé « lou perlaïre », il recevait du verre en tube et l’étirait à chaud pour en faire des tubes capillaires de différents diamètres. Il distribuait ces tiges à des ouvrières qui transformaient ce verre en perles soufflées. Ce sont cinq à six cent ouvrières qui travaillaient pour lui dans les campagnes environnantes, cette activité particulièrement lucrative avait de multiples débouchés : vestimentaires, abat-jour pour lampes, couronnes mortuaires, etc.  

Le pont Alexandre-Bertrand construit d’avril 1927 à août 1929 franchit l’Allier suspendu à deux arches de 69 m d’ouverture, le tablier étant placé sensiblement à mi-hauteur de la flèche. En 1979, il fallu changer les suspentes en acier, celles d’origine avaient été noyées dans le béton dès leurs naissances. Les ponts et chaussées, choisirent de raccorder les nouvelles suspentes aux entretoises sous le tablier par des étriers, et de même à l’arc, ce qui donne aux arcs une curieuse ligne brisée en « pas de moineau ».

Autre particularité de la localité pour les amoureux de la petite reine, le grand prix Pierre Chany. Course cycliste organisée en mémoire du journaliste sportif originaire de l’endroit.

Non loin de Langeac, se situe la maison natale du général La Fayette, héros du nouveau monde particulièrement instruit des problèmes de la campagne Auvergnate, c’est lui qui représentera de la noblesse locale aux états généraux. Gilbert Roch Motier de la Fayette est né le 6 septembre 1757, celui dont Mirabeau disait qu’il était « l’homme le plus considérable de France » fut élevé presque exclusivement par des femmes à sa dévotion : mère, grand-mère,  tantes... Son père colonel de grenadier ayant été tué à Minden en 1759. Marié le 10 avril 1774 avec Adrienne de Noailles, ils étaient unis depuis un mois quand Louis XV succomba de la petite vérole. Le changement de régime allait il les favoriser ?

La Fayette ne revint à Chavaniac qu’en 1782, c’est à dire après l’aventure Américaine. Dans les moments difficiles de la révolution il se fera le chantre de la liberté, de la tolérance et de la démocratie. Républicain sous la Monarchie, Monarchiste sous la république il s’engage dans l’armée Américaine insurgée où il devient le confident de Georges Washington. 

                  RETOUR MENU

En aval de Langeac toujours en suivant le fil de l’eau la rivière s’enfonce à nouveau dans des gorges basaltiques. Un replat à l’aplomb d’une coulée basaltique, permet de penser qu’il y a bien longtemps cette vallée fut habitée par les tout premiers hommes.

Voilà Lavoute-Chilhac situé sur une longue et étroite presqu’île rocheuse obligeant l’Allier à faire une courbe presque comme un point d’interrogation. Le village est bâti sur les deux rives de la rivière, reliées par un pont de pierre du XIe siècle. Odilon de Mercoeur y fonda au VIe siècle un monastère rattaché à l’ordre de Cluny. L’église possède une vierge, (1,5 centimètre) découverte au XIe siècle sur les bords de l’Allier, et qui fait depuis lors l’objet d’un pèlerinage célèbre.

Peu après, Saint Ilpize (nom d’un ermite), véritable nid d’aigle et Vieille Brioude dont le pont en pierres actuel construit en 1830 profite d’un rétrécissement pour franchir la rivière ; sont les premiers maillons de la route touristique du Haut-Allier (en venant du nord), qui longe la « ribeyre » nom donné à ce pays de rives encaissées. Ici on cultivait la vigne au XIXe siècle. On maintenait à la bêche les pentes sableuses les mieux exposées juste au-dessus du lit de l’Allier. 40 % des terres cultivées étaient destinées aux plants de gamay jalousement protégés et entretenus par une main d’œuvre locale nombreuse jusqu'à la catastrophe du phylloxéra. Aujourd’hui, il reste encore la trace des terrasses où la terre était continuellement remontée sur le dos des journaliers à l’aide de « paillats ». Saint Ilpize est également connu pour son pont suspendu au dessus de l’Allier. Construit en 1874 celui-ci fait référence dans tous les manuels de l’école des ponts et chaussées.

Auparavant, il existait déjà des ponts suspendus de type Seguin dont la fiabilité était plus que douteuse. Au pont de Basse- chaîne, à Angers pour ne citer que ce cas l’effondrement du tablier sous les pas d’un bataillon en 1850 provoque la mort de 226 hommes et jette le discrédit sur ce type d’ouvrages. Un petit industriel de Chateauneuf sur Loire (Loiret) Ferdinand Arnodin fonde en 1872 sa société et se fixe alors pour objectif d’améliorer la technique. Il faut préciser qu’il a pu étudier les défauts inhérents à ce type de construction et en particulier, le manque de résistance des câbles. Pour remédier à ces lacunes, il a une idée de génie « le câble à torsions alternatives », formé d’éléments qui s’arriment mécaniquement suivant une série de couronnes concentriques. Celui-ci possède une résistance bien supérieure aux câbles et fils parallèles utilisés jusqu’alors. Saint Ilpize est le premier ouvrage construit de la sorte, bientôt, ils seront nombreux a faire partie du paysage du val de Loire.   

                    RETOUR MENU

Autre caractéristique de la région la pêche à l’écrevisse sauvage dans les ruisseaux du secteur.