La Loire Humanisée                

          

truite de montagne fario ou arc en ciel.                    La pigne

La jeune Loire se transforme peu à peu, moins sauvage, elle sort de ses gorges entre dans les villes, une population importante vit sur ses rives elle s’humanise. Digoin, est bien située entre Loire et Bourgogne, elle joue le rôle de ville frontière, un pont canal fait la jonction Loire-Saône, poteries et faïences y constituent l’activité traditionnelle. A la limite de la Saône-et-Loire, le fleuve est alors éloigné de deux cent quatre-vingt-cinq kilomètres de sa source.

                            RETOUR MENU

Le canal latéral à la Loire. A cette époque la Loire était difficilement praticable en raison de l’ensablement permanent de son lit et des variations importantes de son débit. En 1784, commença la construction du canal du Centre qui devait relier la Saône à la Loire. Elle fut terminée dans l’année 1790, dès lors il fut possible d’assurer une liaison avec le canal de Briare. Ce fut le canal Latéral à la Loire, de Briare à Digoin, prolongé jusqu'à Roanne soit 198 kilomètres.

Déposé en 1822, le projet n’était pas sans problèmes les villes de : Nevers, la Charité, Cosne, positionnées sur le coteau de la rive droite ne laissaient aucune place au canal. Il fut donc décidé de passer sur la rive gauche.

Un pont canal fut construit au Guetin sur l’Allier, tout en maçonnerie d’une longueur de 349 mètres. A Digoin on fit de même, mais à Briare du fait de la largeur de la Loire et des moyens techniques de l’époque on se contenta de la traverser. Les bateaux quittaient le canal latéral à Chatillon sur Loire à l’écluse des Mantelots, et le retrouvaient à l’écluse de Combes sur la rive droite. Ensuite ils longeaient un moment la Loire et rejoignaient le canal de Briare. Le canal latéral fut terminé en 1838, très vite il fut constaté que le passage du fleuve s’avérait dangereux. Quand le bateau ne pouvait passer seul il devait louer les services d’un toueur, le touage s’effectuait avec une chaîne qui s’enroulait et se déroulait autour d’un cabestan, selon qu’il fallait descendre ou remonter la Loire. En 1880, la longueur des bateaux fut portée à 38 mètres pour un tirant d’eau de 1m80. On se mit à réfléchir sur le projet d’un pont canal, il va voir le jour quelques années plus tard.  

                   RETOUR MENU

La Loire libre et fière continue son chemin.

Un affluent l’Arroux d’une longueur de 120 kilomètres, pour un bassin versant de 3250 Km² se jette dans le fleuve près de Digoin. C’est un médecin, établi à Toulon-Sur-Arroux, que tous les amateurs de jardins fleuris d’hortensias doivent remercier. Philibert Commerson, c’est son nom, exerce depuis 1760 dans cette localité. S’ennuie-t’il sur les bords de l’Arroux ? Toujours est-il qu’en en 1764, il décide de se joindre à l’expédition de Bougainville en qualité de botaniste amateur. D’Extrême-Orient, l’expédition rapporte une plante à grosses fleurs que Commerson appellera Hortensia en l’honneur de Hortense Lepeautre, la belle épouse d’un horloger Parisien. De ses voyages Philibert Commerson rapportera également la Bougainvillée.

L’Arroux est lui même renforcé par une jolie  rivière « la Boubince » longue de 72 kilomètres qui arrose : Montcenis, Le Creusot, Montceau les Mines, Paray le Monial. C’est un petit cours d’eau qui s’étire doucement au milieu d’une campagne verdoyante, arrosant des villes minières et industrielles connues.  

 Paray le Monial, la basilique dont la construction fut commencée en 1109, sous la direction de St Hugues abbé de Cluny est d’une simplicité bouleversante. Elle vaut une longue et attentive visite, ici le temps rencontre l’espace, à chaque moment de la journée la lumière y est différente. Toujours rive droite Bourbon Lancy ville thermale où Madame de Sévigné vint soigner ses rhumatismes en 1667 grâce aux bienfaits de cinq sources chlorurées, ferrugineuses et  sodiques. Decize, où affleurent les roches de la périphérie du bassin Parisien.

La Besbre rejoint la Loire rive gauche après avoir traversé Dompierre sur Besbre, elle marque la frontière entre les départements de l’Allier et de la Saône-et-Loire. Cet affluent de 97 kilomètres de longueur, pour un bassin versant de 762 kms² prend sa source dans la montagne Bourbonnaise. Sur son cours le barrage de St Clément, alimente une centrale hydroélectrique dont la production peut atteindre 2 à 20 mégawatts.

Sur la Besbre également, le château de Lapalisse implanté au XIIe siècle et XVIe siècle pour la partie centrale. Son seigneur, Jacques II de Chabannes fut tué au siège de Pavie. Cela allait donner naissance aux Lapalissades, ses hommes firent une chanson restée célèbre.

         « Monsieur de la Palisse est mort

            Mort devant Pavie

            Hélas s’il n’était pas mort

            Il ferait encore envie. »

Par la suite des plaisantins la chantèrent ainsi.

         « Monsieur de la Palisse est mort

            Mort devant Pavie

            Hélas s’il n’était pas mort

            Il serait encore en vie. »

Plus que pour son titre de Maréchal de France, ou ses exploits militaires, chacun en ce début de XXIe siècle évoque Monsieur de la Palisse pour un fait évident.

La Loire en a entendu bien d’autres, elle poursuit son chemin inlassablement. Cependant, il est une région sur la rive droite qui est assez peu connue des Ligériens, mais qui influence également considérablement le débit de la Loire, il s’agit du Morvan.  

                   RETOUR MENU

D’après son étymologie, cela veut dire « montagne noire ». Pays granitique, parc naturel couvert d’immenses forêts, au climat assez rude et bien arrosé. Le Morvan traîne derrière lui une mauvaise réputation, « du Morvan ne vient ni bon vent ni bonnes gens » avait-on coutume de dire depuis des siècles. A tel point, qu’il est difficile de lui attribuer des limites précises, on ne sait point trop ou il commence et ou il s’arrête. Château-Chinon se veut la capitale, désormais rendue célèbre par François Mitterrand. C’est aussi, une région agricole où l’on pratique l’élevage au cœur d’une nature protégée. Ce pays s’est taillé depuis 1930 environ, une autre réputation : « le sapin de noël ». On en produit des millions chaque année, la saison commence un mois avant le 25 décembre. Les arbres, de petits épicéas de quatre à cinq années sont coupés et s’empilent par milliers le long des routes en attendant le transport vers les supermarchés.

Le Morvan participe à l’alimentation de deux bassins versants. Celui de la Seine par les rivières du nord et de l’est, et celui de la Loire par des vallées comme celle du Ternin qui conflue vers l’Arroux et l’Aron. (important en cas de crue du bassin de la Loire). Etang sur Arroux, est une charmante bourgade au confluent de la Braconne du Mesvin et de l’Arroux.

Le sud du Morvan poursuit son développement touristique, le musée du sabot d’Étang sur Arroux propose une approche de ce métier traditionnel d’autrefois à travers un atelier de fabrication qui fait revivre cette activité disparue.

 Une autre coutume de la contrée, incite les agriculteurs à cueillir des plantes médicinales ou non pour se procurer un revenu d’appoint. C’est ainsi que suivant les saisons, l’on cueille : la mélisse, le millepertuis efficace contre les brûlures et les coups de soleil, la sauge, l’armoise, la bourrache, etc. Le promeneur averti, peut également ramasser : la salicaire efficace contre les diarrhées ou bien encore la reine des près pour soigner ses propres rhumatismes. Mais il est sûrement plus prudent de consulter son pharmacien avant toute décoction, ou bien de laisser à un laboratoire le soin d’effectuer la préparation.

A Nevers, il est certainement possible d’acheter toutes ses plantes dans une boutique spécialisée en  « produits bios ou naturels ». L’agglomération compte soixante mille habitants. Là nous retrouvons la Loire.  Nevers est une ville très ancienne, sa cathédrale présente une particularité, celle d’avoir deux absides opposées : l’une romane précédée d’un transept à l’ouest, l’autre gothique à l’est. Le chœur roman, dont le cul de four est orné d’une fresque du XIIe siècle est surélevé au dessus d’une crypte qui date de l’an 1028. Le chœur gothique se compose de quatre travées terminées par une abside à cinq pans. Entre les deux chœurs, la nef de style Bourguignon du XVIIIe siècle, est bordée de chapelles sur les côtés. Une tour carrée culmine à 52 mètres au dessus du croisillon du transept.

 Le roi François Ier érige le comté de Nevers en Duché, au profit de François de Clèves en janvier 1539. Celui-ci décédé ainsi que ses frères, Henriette de Clèves devient Duchesse et se marie en 1566 avec Louis Gonzague de Mantoue. Un siècle plus tard, en 1659 Charles III vend le palais ducal et ses domaines au Cardinal de Mazarin, qui le lègue à son neveu Mansini.  

                  RETOUR MENU

Nevers, c’est aussi la ville où la Nièvre se jette en Loire, (les Nièvres serait-on tenté de dire car elles sont au nombre de trois). L’apport en eau de ce nouvel affluent est faible, dans sa traversée de la ville il est en partie souterrain. Le pont sur la nationale 7, sert d’origine pour le calcul kilométrique du modèle Hydratec 1997, (plan Loire grandeur nature) qui établi un diagnostic sur le fonctionnement de la Loire en crue de Nevers  jusqu’ au pont de Montjean (Maine et Loire).  

L’Allier se marie avec la Loire, cette union discrète la transforme, lui donne sa vraie dimension. Désormais, leurs eaux mêlées poursuivent cette course vers l’océan. Des îles, apparaissent en son milieu, telle : l’île du bourg de la Charité, qu’un pont traverse de part en part. Les coteaux couverts de vignes du village de Pouilly lui donnent un aspect différent.

                RETOUR MENU

Dernière «montagne », sur la rive de la Loire à 474 mètres d’altitude, Sancerre, doit sa réputation à son délicieux vin blanc cépage Sauvignon, tandis que les vins rouges et rosés sont des cépages pinots. Non loin, les fromages de chèvres « les fameux crottins de Chavignol » sont également réputés. A l’est le regard embrasse une dernière fois le Nivernais, à l’ouest le Pays Fort et le Berry s’offrent au regard. Les vignobles de Quincy, Reuilly, et Menetou-Salon dans le département du Cher font également partie des vins de Loire ils sont presque en totalité des cépages Sauvignon, hormis un vin gris produit en petite quantité sur les coteaux de l’Arnon.

La Loire coule au pied des coteaux, au débouché de petits vallons, elle laisse quelques agglomérations derrière elle, la Celle sur Loire, Neuvy sur Loire, Bonny sur Loire.

Sur la rive gauche s’étend une plaine humide jusqu’au canal latéral. Nous sommes à Briare, avec son Pont Canal

                  RETOUR MENU

La Flore et la végétation. La Loire, constitue un axe de migration végétale qui permet un renouvellement de la flore spontanée. Des végétaux, ou leurs semences, descendent le courant depuis le Massif Central pour naître et mourir chaque année d’une manière plus ou moins fugace sur les rives et les îles. C’est ainsi que se rencontrent le genêt purgatif, ou encore la bertorée blanchâtre qui fleurit chaque année sur les berges du fleuve. Pendant les mois d’été une autre végétation plus fugace encore se développe sur le sable, ou bien dans des mares d’eau surchauffées par le soleil. Ces premières germinations apparaissent en mai et disparaissent vers mi-octobre, période qui correspond aux premières crues automnales. Ces végétations meurent par asphyxie ou déracinement. 

De la même manière, des végétaux ont également remonté le cours du fleuve depuis l’embouchure. Ils sont arrivés sur des bateaux en provenance des Amériques ou des Tropiques. Avec les hommes et les marchandises embarquées sur les flottilles de la marine de Loire, ils ont conquis le fleuve, les animaux ont également transporté les graines dans leurs intestins. Peu à peu, le paysage ligérien s’est enrichi de différentes espèces d’onagres d’origine nord américaine, ainsi que de l’érable negundo. Quelques espèces tropicales  le souchet comestible, ou la vallisnérie se retrouvent dans la Loire, des plantes analogues sont également présentes dans les grands fleuves africains (Niger, Sénégal).

Cependant, d’autres arbustes s’implantent naturellement sur les îles ou dans le lit de la Loire : saules, osiers, églantiers des chiens, aubépines, sureaux. Ils colonisent rapidement des espaces importants et obligent à un entretien régulier du fleuve. Si les crues d’équinoxes n’ont pas été trop importantes, les saules peuvent atteindre 1,20 m l’année suivante, d’autant plus qu’ils bénéficient des apports de matières nutritives amenés par l’eau. Sur les berges : peupliers, frênes, ormes, bouleaux, aulnes noirs se partagent l’essentiel du territoire et ajoutent au plus fort de l’été leurs couleurs à celles de la Loire sur fond de ciel bleu. l’Avenelle, l’Ethelin et la Notre-heure, sont trois rivières qui agrémentent également ce pays rive gauche de la loire.

                RETOUR MENU