LA JEUNE LOIRE

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                                l'Église romane de Chamalière
La jeune Loire est accueillante, tout au long de ses rives naissent et vivent quantités d’arbres : le pin sylvestre, le hêtre, le frêne, de fleurs : jonquilles, boutons d’or, gentianes, marguerites, violettes, myosotis, d’oiseaux : le héron, le hibou moyen duc, le cingle plongeur, mais aussi quantités de petits volatiles : le bouvreuil, l’hirondelle, le rouge gorge,  la mésange, la pie, etc...  

Sauvage, elle laisse son berceau, devient mature, de torrent elle passe grosse rivière et se transforme peu à peu. Au détour d’une boucle, dans le bassin de l’Emblavès, voici Lâvoute-Polignac.

 Sereine et élargie, la voici à Vorey. Elle reçoit un nouvel affluent l’Arzon, devenue voie de communication, l’autorail le Puy-St Etienne fait avec elle un bout de chemin. Neuf viaducs, sur le parcours permettent le passage du train qui semble prendre du plaisir à côtoyer la rivière.

 Chamalières, avec son église romane construite en pierres volcaniques noires jointes à la chaux, est si proche de la rivière qu’en 1980 lors de la crue, l’eau arrivera en haut des escaliers pour s’arrêter à un mètre vingt seulement de l’entrée de l’église. Située à 517 m d’altitude, entre les monts Mione (1066 m) et Gerbison (1064 m) la localité est splendide.

Non loin de Chamalières, sur le cour supérieur de l’Ance du nord, le château de Chalençon les anciens maîtres de Craponne. Il n'en reste qu'une chapelle castrale, des tours arasées et un donjon militaire crénelé, une vision médiévale dans la forêt profonde. Dans le ravin, juste au-dessous se trouve « le pont du diable » il date également du moyen âge, et marque la limite entre le Velay et le Forez.

Quelques filets d’eau rejoignent la rivière ça et là, au détour d’un rocher, au bas d’une forêt de pins, en cascade laissant sur la roche dure quelques traces noircies au fil du temps. Un affluent de 82 kilomètres de longueur, le Lignon Vellave mérite d’être signalé, il prend sa source au pied de la face nord du mont Mézenc. Il coule sur la « montagne protestante » du coté du Chambon-sur-Lignon, du Mazet-Saint-Voy et de l’Yssingelais. Où, suite à de nombreuses conversions au protestantisme, vint en 1685 l’époque des persécutions huguenotes infligées par les troupes royales. La protection relative assurée par le climat, le relief, la fuite en avant pour mieux revenir leur a permis de maintenir leurs convictions religieuses, voir même de les amplifier au XIXe siècle. Cette faculté à combattre et ne pas se soumettre est certainement à l’origine de la réputation de « terre d’accueil » qui honore aujourd’hui la montagne protestante. Peu à peu, de 1940 à 1944 ce bout de Haute-Loire redevient terre de résistance grâce à l’initiative de quelques pasteurs, renforcée par d’autres qui ont bien voulu une fois encore prendre le maquis. Un réseau d’accueil d’enfants juifs est organisé avec le concours de la population et des fermes environnantes. On estime aujourd’hui que c’est entre 3000 et 5000 personnes qui ont pu être sauvées. Peut-être, quelques-unes, ont elles médité lorsqu’au coin d’un champ, au bord d’un chemin elles croisaient un monticule de pierres, ou bien quelques sapins ou cyprès qui signalaient la tombe de ceux, qui, à une autre époque ont été exclus des cimetières.

Toujours sur le Lignon à Lavalette, une retenue rend le site unique. Ce barrage appartient à la ville de St Etienne qui le protège et l’entretien. Son eau potable est distribuée à l’agglomération stéphanoise ainsi qu’à la petite ville Altiligérienne toute proche, Yssingeaux. Au cours de l’année 1912 débutent les travaux, ils se poursuivent pendant toute la première guerre mondiale, lorsqu’ils s’achèvent un mur de 29 mètres de haut est construit pour un volume d’eau stocké de 5,5 millions de m3. De 1944 à 1948, pour satisfaire les besoins en eau des 500 000 habitants des communes desservies actuellement, un agrandissement est nécessaire. Le barrage, a une hauteur de 60 mètres, pour une longueur de 500 mètres en crète. Sa capacité est de 41millions de m3

E D F co-exploite également la retenue avec son usine tout proche de Versilhac.

La récente crue de 1980 fit pâlir les techniciens chargés de la surveillance de la retenue, en effet celle-ci atteignit 1500 m3/s, nécessitant l’ouverture totale des vannes. A cet endroit la plus forte crue observée au cours des siècles précédents est de 1700 m3/s. En 1990 il a été décidé de construire une 4eme vanne de l’évacuateur de crue portant ainsi les possibilités d’évacuation à 2000 m3/s.

Désormais, les 220 hectares du barrage de Lavalette seront un modèle d écotourisme, la ville de Saint Etienne, le conseil général de Haute Loire et le Syndicat Mixte de Lavalette qui avaient refusé fermement la baignade dans les eaux de la retenue pour protéger la sécurité des quelques 500 000 habitants qui la boivent et l'utilisent, AFFIRMENT TOUS EN CHOEUR que dès 2011, les touristes des agglomérations Stéphanoise et  Lyonnaise seront ici chez eux,  et qu ils vont pouvoir faire trempette.

une demande ancienne parait-il depuis 1981????. quelques subventions plus ou moins vertes ne sont peut êtres pas étrangères à la décision, nul ne doute que cette eau désormais écologique n'en sera que plus potable.  à suivre.........

 

En aval de Lavalette, la Dunière se mêle à cet affluent encore endigué et affaibli par d’autres petits barrages hydroélectriques  ceux de : la Chapelette, des Vendets, et de Pont-de-Lignon avant de venir grossir la jeune Loire.

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Au hasard d’un rayon de soleil on découvre les premières plages de sable doré, ou bien de galets, usés arrondis par les eaux. En hiver lorsque les gorges sont gelées, les glaces recouvrent la Loire presque totalement ne laissant que quelques tourbillons à l’air libre. Dans la journée, avec le réchauffement de la température il arrive que la vallée couverte de brouillard se dégage doucement, laissant une impression de calme et de sérénité tranquille. Dans le silence, il est alors possible avec de la chance, d’entendre une sorte de miaulements réguliers prolongés, montants et descendants suivis de ii-ou, ii-ou, ii-ou, ii-ou émis par le Milan Royal. D’une envergure de 140 à 160 centimètres, il se plait ici dans ces paysages mixtes de forêts, de landes, et de champs. Il s’alimente de poissons morts et de déchets divers. Il possède une queue longue et profondément échancrée. Sa couleur tire sur le brun-roux finement rayée de noir.

Un peu en aval, au cœur de la cité, l’église de Beauzac paraît dans toute sa splendeur. C’est au mois de juillet 1847 que des fouilles pour constater l’état des fondations amenèrent la découverte d’une crypte ou chapelle souterraine (unique dans tout le Velay).

 Proche de Bas-en-Basset, placé sur un promontoire à 653 mètres d’altitude, le château médiéval de la Rochebaron domine la vallée de la Loire. La Semène apporte ses eaux vives et claires au fleuve naissant. La retenue du barrage du Sapt, alimente la ville de Firminy en eau potable et offre ses eaux calmes aux pêcheurs. Sur les pentes des collines alentour, proches d’Aurec les premiers ceps de vignes au cœur d’une vallée riante.   

La Loire Stéphanoise

Au Nord de l’agglomération Stéphanoise, la plaine du Forez est un ancien lac tertiaire de 20 kilomètres de large enserré, entre les monts du Lyonnais et ceux du Forez. Au cœur de celle-ci riche en alluvions, les cultures voisinent avec les étangs où poussent des roseaux ; asséchés ces étangs disparaissaient peu à peu. C’était sans compter sur l’initiative de la fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (F.R.A.P.N.A-Loire) qui dans les années 1990 crée l’écopôle du Forez. Située rive gauche, la réserve est constituée d’anciennes gravières du lit majeur de la Loire réaménagées de manière écologique. L’écopôle recrée des étangs disparus, il comprend aussi des près humides, des marécages, et de nombreux espaces boisés. Sentiers et chemins permettent la découverte et l’observation de la faune et de la flore. Des affûts sont également aménagés pour admirer les oiseaux dans leurs attitudes naturelles, plus de cent-trente espèces nicheuses peuvent être observées. Parmi les espèces migrantes, on note la présence de la cigogne blanche. Rats musqués, castors, musaraignes aquatiques, ont établit leur royaume parmi les arbres et les roseaux.  

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Paradoxalement, si en hiver les sols sont gorgés d’eau, l’été la plaine est soumise à une sécheresse qui n’a sont égal que dans le sud de la France. Cette plaine est protégée des pluies estivales naturellement, par la barrière efficace que constituent les monts du matin,(Lyonnais) et les monts du soir, (forez).

Les monts dit « du soir », sont couverts de prairies verdoyantes, (appelées hautes chaumes) ils culminent à 1640 mètres à Pierre sur Haute. Les hautes chaumes se décomposent en deux zones écologiquement différentes : la première se situe entre 1200 et 1400 mètres, jadis c’était une forêt défrichée par l’activité pastorale. Recouverte de landes, genêts, prairies naturelles celle-ci a tendance ces dernières années du fait de la raréfaction des troupeaux à se reboiser naturellement de : hêtres, sapins, sorbiers, alisiers, et pins sylvestres. La deuxième zone au dessus de 1400 mètres dite « subalpine » offre de magnifiques paysages dénudés.

L’élevage est la principale ressource, la « fourme » y est fabriquée dans des jasseries. En été, les bouviers préparent le caillé remué à « l’afrenial », mélangé et égoutté en partie sur la « menale », avant d’être récupéré dans la « botte », récipient de bois qui lui donne sa forme cylindrique définitive. Celle de Montbrison est connue, on la distingue par la couleur orangée de sa croûte et sa conformation. Descendu des monts du Forez, ce deuxième Lignon, petit affluent de soixante-dix kilomètres environ, sert de cadre à l’Astrée qu’écrivit Honoré d’Urfé. Presque en face, Juché sur les contreforts des Monts Lyonnais, Saint-Galmier domine la plaine, cette ville est surtout connue pour ses eaux qu’un certain monsieur Badoit eut l’idée de mettre en bouteille.

De nombreux petits ruisseaux viennent encore grossir la Loire, elle est désormais large de quatre vingt mètres environ. Sur la droite la petite ville de Feurs ancienne cité romaine. Au XVIIIe siècle des travaux ont été entrepris en vue de rendre la Loire navigable. Il fallait des « pilotes » expérimentés, pour franchir les sauts du Perron et du Pinay qui, déjà à l’époque étaient surmontés d’une digue pour écrêter les crues en Orléanais et en Touraine. Quelquefois, les obstacles à franchir étaient redoutables ainsi le saut du Perron à la sortie des gorges sur la plaine du Forez est décrit en 1840 de la manière suivante. « En un détour d’une colline, dans un endroit resserré par le rivage, la rivière tourne sur elle même en suivant le mouvement d’ondulation donné à son lit. L’eau tourbillonne et se brise sur la rive opposée où elle va s’échouer sur des débris de rochers apportés par le courant ».

Auparavant, la Loire était obstruée par des roches dures empêchant toute navigation. En 1705, on fit sauter cet obstacle naturel que les eaux franchissaient en rapide sur une largeur de moins de quinze mètres. Le résultat ne se fit pas attendre, suite aux inondations catastrophiques survenues coup sur coup en 1709, 1710, 1711 des plaintes affluèrent de villes situées sur le cours moyen du fleuve qui attribuaient ces crues à la destruction de l’étranglement du Pinay sorte de barrage écrêteur naturel.

Un édit royal de juin 1711, ordonna la construction de digues régulatrices en amont, l’ingénieur Mathieu établit donc deux digues de 16,25 mètres de haut et de 10 mètres d’épaisseur aux lieux dits « la Roche » et « Pinay » barrant le lit de la Loire complètement ne laissant échapper l’eau que par des pertuis étroits d’une vingtaine de mètres de largeur de sorte qu’une quantité d’eau importante pouvait y être stockée, ralentissant la vitesse du courant et la puissance des crues en aval. La Loire devint navigable jusqu'à St Rambert, la compagnie « La Gardette », qui s’était engagée à rendre le fleuve navigable jusqu'à Monistrol ne put tenir ses engagements.

 C’est seulement à Villerest que la Loire sort définitivement des gorges à une altitude de 270 mètres.                                                   

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 A 5 kilomètres du barrage de Villerest voici Roanne. Quarante mille habitants environ, la ville doit son développement à sa situation géographique, elle s’ouvre en 1638 un accès vers Paris grâce au canal d’Orléans. Du port fluvial partent les coches d’eau transportant passagers et marchandises plus tard en 1838, le canal Roanne Digoin est  mis en service  le trafic fluvial s’intensifie, mais pour peu de temps.