LA FRANCE DE VICHY

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cette cité est également plus connue pour une autre raison que l’on nomme communément «la France de Vichy ». En effet, elle vécut une période trouble dans un pays en guerre de 1940 à 1944. Voici résumé  avec simplicité un bout d’histoire de cette période.

Pourquoi cette ville paisible au bord de l’Allier fut-elle choisie par le gouvernement de l’époque ?

Le 30 juin 1940, dans l’après-midi un cortège de voitures déposa à l’hôtel du parc et des ambassadeurs le président Lebrun et son épouse, ainsi que de nombreux ministres. Pierre Laval, lui, arriva à pied, sa voiture venant de tomber en panne. Enfin vers 18 heures le maréchal Pétain fit son apparition, il avait quatre vingt quatre ans en 1940 et allait habiter plus tard le pavillon Sévigné à huit cent mètres du grand hôtel.

Vichy capitale provisoire va voir défiler pendant quatre ans des politiciens de toutes tendances. D’un point de vue économique cela ne manquait pas d’avantages, s’il n’y avait eu les restrictions. Les commerçants essayaient de faire le maximum, malgré l’arrêt de la saison des thermes pour cause d’invasion. Jamais hormis cette période qui allait suivre la ville ne fut aussi propre, ses trottoirs nettoyés, policiers et militaires présents en grand nombre. Si ce n’était la peur d’avoir la réputation de Limoges ou de la république de Weimar, la ville de Vichy essayait de vivre avec son temps elle subissait comme tout le reste de la France les affres de la défaite.

En effet le 17 juin 1940, le maréchal Pétain signait l’armistice à la radio il avouait la défaite en ces termes :

« Je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur...C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat ».

L’armistice signé à Rethondes serait appliqué à partir du 25 juin 0h35, après la signature programmée d’un second armistice avec les Italiens. Les Allemands laissaient à la France, une zone dite « libre » comprenant le sud-est, le sud-ouest, et qui passait par Moulins en son centre. Le gouvernement songe d’abord s’installer à Versailles, St Germain en Laye, ou Fontainebleau. Puis à Blois ou bien Bourges comme jadis le Dauphin Charles mais c’était en zone occupée. Le 29 juin 1940 on se dirige vers Clermont-Ferrand, les Allemands venaient d’évacuer le département du Puy de Dôme. Cette ville fit l’unanimité contre elle, pas assez de grands hôtels, ce petit monde était mal installé de plus on redoutait pour plus tard d’éventuelles manifestations des ouvriers des usines Michelin qui constituaient l’essentiel de Clermont. Marseille, Toulouse, Lyon furent également tour à tour évoquées.                                

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Finalement Paul Baudouin et Raphaël Alibert, proposèrent Vichy il y avait des avantages : de bonnes liaisons avec Paris, une ville peu peuplée et habituée à recevoir des personnalités, la proximité de l’Auvergne pour le ravitaillement, la ligne de démarcation assez rapprochée à Moulins. Le maréchal Pétain accepta et Pierre Laval également, il possédait un château à une vingtaine de kilomètres de là dans son village natal Chateldon.

Il suffira de onze jours pour supprimer la troisième république. A partir du 09 juillet 1940 les choses s’accélèrent, Sénat et Chambre des députés votèrent l’une le matin, l’autre l’après-midi  qu’il y avait lieu de procéder à une révision de la constitution.

Le 10 juillet, une séance privée précéda la séance publique de l’après-midi. Le grand casino fut aménagé en assemblée nationale un texte unique fut voté par 569 voix pour et 80 voix contre.

« article unique.

« L’assemblée nationale donne tous pouvoirs au gouvernement de la république sous l’autorité et la signature du maréchal Pétain, à l’effet d’en promulguer par un ou plusieurs actes une nouvelle constitution de l’état Français.

Cette constitution devra garantir les droits du travail, de la famille et de la patrie.

Elle sera ratifiée par la nation et appliquée par les assemblées qu’elle aura créés ».

Le 11 juillet 1940 étaient publiés les Actes Constitutionnels qui mettaient les Chambres en vacances et donnaient le pouvoir à Philippe Pétain. Le 4ème Acte Constitutionnel faisait de Pierre Laval le successeur désigné du maréchal à la tête de l’état.

 Au retour de l’exode, les Français du Nord sont tellement abasourdis qu’ils n’ont pas réalisé les profonds changements de nature politique qui ont eu lieu à Vichy. Pour le plus grand nombre le maréchal  les a sauvés d’un désastre encore plus grand, ils croient qu’il va désormais les protéger.

Cependant rien n’est plus triste qu’une ville Capitale d’un pays vaincu. Le jour du 14 juillet 1940 est décrété jour de deuil National, les cérémonies militaires commémoratives sont expédiées au plus vite le cœur n’y était pas.   

Oublié de tous, restait au pavillon Sévigné le président Lebrun, le 15 juillet il enterra définitivement la troisième république il partit pour sa maison familiale de Vizille. 

Le calme revenu, une cour se forma autour des hommes politiques et de leurs états-majors. On vit rapidement apparaître de belles jeunes femmes aux bras nus dans les casinos et dans les halls des grands Hôtels. Celui du Parc est devenu un hôtel administratif particulièrement gardé où les admirateurs du maréchal font le siège pour l’apercevoir. Les profiteurs de toute nature essaient d’obtenir des rendez-vous auprès des secrétaires d’hommes politiques influents. 

Les affaires de l’état se résolvent ici. Il est vrai que des problèmes à régler il y en a beaucoup. L’hôtel Majestic, avant d’être requis par des fonctionnaires zélés servait aux Allemands de passage à Vichy. Il faut noter que la maréchale y avait également un appartement.

La ville de Vichy, se tire assez bien de sa nouvelle position de « capitale de la France » les problèmes sont vite résolus car le gouvernement ne veut pas de désordres. L’eau de l’Allier continue sa course inlassablement vers la Loire et au delà vers l’Océan. Elle coule aux pieds de ponts en zone occupée gardés par des sentinelles Allemandes. L’eau a-t-elle  une mémoire ?

Une fois installé, ce gouvernement cherche à gouverner. Cela paraît une évidence et elle est confortée par la majorité des parlementaires de l’assemblée nationale qui a confié au maréchal Pétain  la mission d’écrire une constitution qui respecte les trois valeurs caractéristiques du régime de Vichy : Travail, Famille, Patrie.

Dès 1940, les lois d’exceptions interdisent les sociétés secrètes (août), fixent les statuts des juifs (octobre), suppriment les syndicats patronaux et ouvriers (novembre).                 

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Entre les 25 et 27 octobre 1940, les Français stupéfaits apprennent par la presse écrite et la T.S.F. que le maréchal Pétain a rencontré le chancelier Hitler « près de Tours ». Car nul ne sait encore que la rencontre s’est déroulée dans une petite gare de Montoire-sur-le-Loir, toute proche d’un tunnel de sécurité. La presse Parisienne répète à la une le mot « collaboration », le journal Le Républicain par exemple indique qu’il ne s’est rien dit de précis ni sur la paix, ni sur le retour du gouvernement à Paris. De nouvelles conversations auront lieu.

Par la suite, lois et décrets se succèdent, ici à Vichy même les fonctionnaires font du zèle il faut dire qu’ils sont tout proche du pouvoir. En 1941, au conseil des ministres de la mi-août les membres du gouvernement qui suivent étaient présents :

Le maréchal Pétain

L’amiral Darlan

Le Gal  Huntziger ministre de la guerre.

Mr Pucheu ministre de l’intérieur.

Mr Lehideux ministre de la production industrielle.

Mr Benoist-Méchin secrétaire d’état à la vice-présidence du conseil.

Mr Belin secrétaire d’état au travail.

Le Gal  Bergeret secrétaire d’état à l’aviation.

Mr Bouthillier ministre des finances.

Mr Charbin secrétaire d’état au ravitaillement.

Mr Berthelot secrétaire d’état aux communications.

Mr Moysset ministre d’état.

Mr Caziot ministre de l’agriculture.

Mr Romier ministre d’état.

Mr Platon secrétaire d’état aux colonies.

Mr Huard secrétaire d’état à la famille.

Par exemple, l’ordre du jour du conseil des ministres du 20 décembre 1941, était le suivant :

Projet de budget pour l’année 1942.

Politique des carburants.

Mouvement préfectoral.

Déchéance de la nationalité Française. 

 

L’armée quand à elle, était réduite et cela par la volonté des Allemands qui lors de l’armistice avaient exigé les limitations données à l’armée Allemande par le traité de Versailles de 1918. Soit 100 000 hommes maximum avec armes individuelles et mortiers. Bien que Outre-mer la France de Vichy essayait de sauver sa marine, ainsi que d’autres unités.

Gouverner n’était pas à l’époque une mince affaire. La télévision n’existait pas, la radio essayait de palier à cette insuffisance, mais elle était écoutée par les Allemands et subissait des influences de toutes sortes. Le maréchal toujours populaire dans ses déplacements communiquait par courrier, chaque jour il recevait près de 3000 lettres.

Cela restait aléatoire aussi les responsables de Vichy créèrent la « légion Française des combattants » qui allait servir d’yeux et d’oreilles au maréchal.

La police Allemande s’installait à Vichy officiellement en février 1942, si bien que les décisions du conseil des ministres étaient connues des envahisseurs quelques minutes après.

Peu à peu s’instaure une collaboration plus ou moins avouée certains fonctionnaires zélés se transforment en miliciens aguerris. Le 6 juin 1944 surprend le maréchal à St Etienne où il fait une brève allocution.

 «Mes chers amis, des opérations militaires viennent d’être déclenchées contre notre pays. Vous comprendrez pourquoi je suis obligé de quitter votre ville plus rapidement que je ne le désirerais». 

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La Gestapo le presse de rentrer à Vichy.   

Pourtant le 14 août 1944 jour de la délivrance d’Orléans par les Américains (Gal  Patton) il donne une consigne à sa légion de combattants : « C’est la France et la France seule que vous devez servir Vous reconnaîtrez vos chefs à ce qu’ils n’ont d’autres règles que celle ci ».

La fin du régime est proche, c’est bientôt le débarquement des alliés en Provence. Le 24 Août alors que Paris retrouvait son titre de Capitale de toute la France, Paris libéré, la Gestapo et la milice quittaient Vichy. 

Le maréchal, chef suprême de ce qui fut le gouvernement de Vichy est parti contraint et forcé, encadré de véhicules ennemis vers Belfort. La suite est dans tous les livres d’histoire.