LA FAYETTE                                

Non loin de Langeac, se situe la maison natale du général La Fayette.

                

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Héros du nouveau monde particulièrement instruit des problèmes de la campagne Auvergnate, c’est lui qui représentera de la noblesse locale aux états généraux. Gilbert Roch Motier de la Fayette est né le 6 septembre 1757, celui dont Mirabeau disait qu’il était « l’homme le plus considérable de France » fut élevé presque exclusivement par des femmes à sa dévotion : mère, grand-mère,  tantes... Son père colonel de grenadier ayant été tué à Minden en 1759. Marié le 10 avril 1774 avec Adrienne de Noailles, ils étaient unis depuis un mois quand Louis XV succomba de la petite vérole. Le changement de régime allait il les favoriser ?

La Fayette ne revint à Chavaniac qu’en 1782, c’est à dire après l’aventure Américaine. Dans les moments difficiles de la révolution il se fera le chantre de la liberté, de la tolérance et de la démocratie. Républicain sous la Monarchie, Monarchiste sous la république il s’engage dans l’armée Américaine insurgée où il devient le confident de Georges Washington.  

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L’aventure Américaine du Général La Fayette

Militaire de garnison, lors d’un souper le 8 août 1775 à Metz le Capitaine La Fayette osa questionner le Duc de Gloucester, frère de sa Majesté Georges III Roi d’Angleterre, à propos de la politique de la Grande Bretagne dans les colonies d’Amérique.

Celui-ci, éloigné provisoirement de la cour Anglaise ne cacha ses désaccords avec son frère le roi, et donnait raison aux « insurgeants » les Bostoniens qui s’étaient donnés un chef le Général Washington. Il expliqua que les colons Américains outrés d’être frappés par des impôts métropolitains s’étaient révoltés au nom même du principe Britannique « pas d’impôts sans représentation ». Le vieux William Pitt avait bien fait abolir les taxes sur la mélasse, qui frappaient au portefeuille les colons d’Amérique du Nord, mais pas les taxes sur le thé. En décembre 1773, trois bateaux chargés de thé furent assaillis dans le port de Boston et leur chargement fut jeté à la mer. L’Angleterre riposta, et s’obstina en envoyant des troupes.

Le jeune capitaine La Fayette, fut tout de suite séduit par le nouveau monde et fit le serment de partir un jour pour l’Amérique. Seulement, officier Français allait-il servir dans un corps d’armée étranger ? C’était là commettre une désertion, pour éviter ce risque il obtint le 11 juin 1776 sa mise en réforme temporaire qui le replaçait dans la vie civile.

Trois semaines plus tard, le 4 juillet 1776 les treize colonies Américaines proclamaient leur indépendance à Philadelphie : les Etats-Unis venaient de naître. C’était un fait sans précédent dans l’histoire du monde qu’une colonie se déclarât état indépendant et cela n’allait pas sans problèmes de droit international pour la  reconnaissance du nouvel état.

Je passe sur les tractations politiques, le bruit courait dans les milieux militaires que les insurgeant cherchaient des volontaires étrangers pour combattre en Amérique. Deux émissaires des nouveaux états, Arthur Lee et le docteur Benjamin Franklin obtinrent de Louis XVI satisfaction sur une partie de leur demande d’aide. 30 000 fusils et des vaisseaux de ligne furent envoyés sur décisions du conseil du 9 janvier 1777.

Dans la nuit du 25 au 26 mars, malgré l’hostilité de la cour sans avoir prévenu son épouse, il s’embarque à Pauilllac sur une chaloupe qui glisse contre les flancs de la Victoire, celle-ci appareille et met le cap sur l’Espagne.

Allait-il renoncer... ? Il revient en France. Maintenant il fait l’objet d’une « lettre de Cachet », il peut être arrêté à tout moment.

Le 29 avril 1777, la Victoire se dirige vers la haute mer en direction de l’Amérique. La Fayette a vingt ans, et après six semaines de traversée avec le mal de mer il débarque à Charlestown. Là, l’accueil est délirant, fêtes et banquets se succèdent. C’est à cheval et avec un bagage réduit qu’il rejoint Philadelphie tant les pistes étaient défoncées.

Il contacte le Congrès, qui après quelques péripéties prit la décision suivante : « attendu que le Marquis de La Fayette, par suite de son grand zèle pour la cause de la liberté dans laquelle les Etats-Unis sont engagés, a quitté sa famille et les siens, sans réclamer ni traitement ni indemnité particulière, et qu’il a à cœur d’exposer sa vie pour notre cause : résolu que ses services sont acceptés et qu’en considération de son zèle, de l’illustration de sa famille et de ses alliances, il aura le rang et la commission de major-général dans l’armée des Etats-Unis ».

Le 1er août 1777, La Fayette est invité à un dîner des membres du congrès où assiste Georges Washington.

La Fayette raconte qu’il reconnut le généralissime un peu à la « manière dont Jeanne d’Arc avait identifié Charles VII ». Immédiatement la sympathie s’installe, et Washington s’attache les services du jeune volontaire de la France.

Depuis son arrivée, la situation s’est dégradée la route de la capitale Philadelphie était ouverte le Général Anglais Howe exécutait un plan stratégique menaçant : Du Canada, il faisait descendre sous les ordres du général Burgoyne une puissante armée qui forçait le passage. En même temps, les Anglais préparaient une attaque par le sud en envoyant leur flotte dans la Chesapeake.

Pour sauver sa capitale, Washington se porte à leur rencontre. Le choc eut lieu à Brandywine le 10 septembre 1777. La Fayette connaît le feu pour la première fois. Il est blessé par une balle à la jambe. Après de durs combats, Philadelphie doit être évacué le 26 septembre.

En Europe on croyait la situation militaire des insurgeant désespérée. C’est alors que se produisit un miracle, l’armée de Gates défaite à Ticonderoga, poursuivit l’armée de Burgoygne et le 19 septembre 1777, tout près de New York lui infligea un revers en l’enfermant dans Saratoga. Washington ne court plus désormais le risque d’encerclement et peut réorganiser ses armées.

La Fayette est évacué sur Bristol pour soigner ses blessures, puis il rejoint à l’état major de Witemarks le général Washington.

Le 27 novembre, La Fayette chargé d’une reconnaissance dans la région d’Hadonfield bouscule 250 Hessois. Cela lui vaut le commandement d’une division et des félicitations pour cet exploit. Malgré le succès de Saratoga, l’hiver est triste, une ville en bois est sortie de terre à Walley-Forge. Elle ne peut faire oublier les difficultés économiques, misère et marché noir sévissent durement.

Le 22 janvier 1778, le Congrès décide une expédition sur le Canada et choisit La Fayette pour la diriger autant utiliser le zèle et la fougue de ce jeune homme. Malgré la neige et le froid, le 17 février il atteint Albany où il doit retrouver des renforts. En fait de renfort ce sont seulement 1200 hommes dépourvus de vivres et de l’équipement le plus nécessaire. Malgré cela, il s’allie les indiens Hurons et Iroquois, fume le calumet de la paix, pactise avec eux il est surnommé « Kayewla » qui signifie cavalier redoutable.

Le 2 mai une nouvelle parvient à Walley-Forge où La Fayette est rentré. Un traité d’alliance est signé entre la France et les Etats-Unis, à cette occasion il passe en revue les troupes Américaines ceint d’une écharpe blanche. Le 18 mai, il reçoit l’ordre de marcher sur les armées Anglaises du Nord, il pousse jusqu'à Barren Hill avec 2400 hommes. Les Anglais le laissent venir et l’encerclent, il se dégage et fait retraite. Arrivé au quartier général de Walley-Forge il y apprend la mort de sa fille Henriette.

Le 25 juillet 1778, il doit attaquer le flanc gauche des Anglais, sans perdre le contact avec les armées Américaines. C’est un succès local à Monmouth le 25 juin où le Général Anglais Clinton est battu.

En juillet, l’escadre d’Estaing jette l’ancre à l’embouchure de la Delaware. C’est la conséquence de l’alliance franco-Américaine récente. Les anglais décident d’évacuer Philadelphie.

La Fayette demande à rentrer en France où il croit qu’il peut mieux servir les intérêts de l’Amérique auprès du roi. Il pense également à sa femme ainsi qu’à son deuil récent. Le 13 octobre il demande au congrès l’autorisation de partir. Une fois celle-ci obtenue il quitte Philadelphie pour Boston à cheval, le 11 janvier 1779 il embarque sur la frégate l’Alliance qui le ramène en France. Le président Laurens écrivit une lettre personnelle à Louis XVI pour vanter sa conduite. Il chargea Franklin de faire ciseler à Paris une épée de prix, pour bien marquer la reconnaissance des Etats-Unis à celui qui était venu le premier les assister.

Arrivé à Paris, La Fayette s’emploie à convaincre le roi et le prie de bien vouloir envoyer le corps expéditionnaire. Une fois la décision prise, il repart en Amérique annoncer la nouvelle.

Le 27 avril 1780, après une traversée sur l'Hermione il met les pieds pour la deuxième fois sur ce continent. L’escadre Française suivit avec à son bord Rochambeau promu commandant en chef du corps expéditionnaire.

De batailles en batailles La Fayette combat en Virginie qui va être le théâtre des combats décisifs. Le 28 septembre 1781, les armées Américaines et Françaises quittèrent Williamsburg pour investir Yorktown , après trois semaines d’un siège où La Fayette se signala par de remarquables faits d’armes en enlevant des redoutes.

 Le général Anglais Cornnalis devait capituler le 18 octobre 1781, l’aventure Américaine était presque terminée. Le 23 novembre La Fayette rentre en France promu maréchal de camp par Louis XVI. Peu après, il va retourner une troisième fois sur ce continent pour un bref séjour.

Bientôt ce sera la révolution en France..... l’eau de l’Allier comme celle de beaucoup de fleuves de France sera rougie de sang.

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