LA DORE

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Forges, musée de la coutellerie à Thiers sur la Durolle.

Issu du pays des volcans, un autre affluent de l’Allier, la Dore arrose Ambert et Courpière, long de 193 kilomètres pour un bassin versant de 1710 km². C’est une rivière qui peut se dissocier en quatre tronçons : le premier, est montagnard jusqu’aux environs de Dore l’église, le second se situe dans la plaine du Livradois tout près d’Ambert, célèbre pour sa fourme et son industrie papetière. Le troisième se situe entre Ambert et Courpière encaissé à flanc de coteaux à une altitude d’environ 500 mètres. Enfin de Courpière jusqu'à son confluent le quatrième tronçon divague à nouveau en pays plat, au delà du double pont de Ris la Dore rejoint enfin l’Allier. Nous ne sommes plus en Auvergne mais en Bourbonnais. Sur son cours on doit noter la présence de quelques retenues E.D.F : le Chalard, les Prades, le Miodex.

La Dore c’est aussi un grand cordon ombilical qui relie les petites Limagne, elle chemine entre Livradois et Forez, avant d’arriver en grande Limagne où la Durolle l’y rejoint, encore très agitée de sa descente des Bois-Noirs et de son passage laborieux à Thiers. On prétend que ce sont les gens d’ici et d’Ambert, (le pays de Gaspar des Montagnes) qui ont fait les premiers travailler les eaux. Celles-ci descendant de la montagne se retrouvent étranglées dans des biefs, elles font tourner les roues des moulins qui entraînent les meules. Ici, on se doit d’évoquer le parc naturel régional Livradois-Forez. Créé en 1983, il s’étend sur 30000 hectares des monts boisés de la Chaise-Dieu au sud, à la région Thiernoise au nord. Il est délimité à l’est par la vallée de l’Allier et à l’ouest par la Loire.

A Ambert, l’eau de la rivière entraîne les moulins à papiers, dont il reste un joyau aux environs de la ville dans le val de Laga, il s’agit du moulin de Richard-de-Bas. Ici la qualité du « papier à la main » fabriqué selon des méthodes anciennes dépend de celle des chiffons dont il est fait. Aussi attache-t-on une grande importance à leur ramassage et à leur triage. Avant d’être déchiquetés les morceaux de tissus, débarrassés des boutons et agrafes, qui peuvent s’y trouver, sont mis à fermenter pendant quelques mois dans un « pourrissoir ». Une fois lavés, ils sont déposés dans une auge, la pâte ainsi obtenue est versée dans une cuve, puis brassée et encollée avec des pétales de fleurs, de feuilles, qui apparaîtront en filigranes. Le « puiseur » plonge alors le cadre qui va lui servir de forme dans la cuve, et la feuille apparaît tout en s’égouttant. Elle est ensuite posée sur un feutre, empilée avec ses semblables, puis la pile est pressée pour éliminer une grande partie de l’eau qu’elle contient.

A Thiers et dans ses environs, le principe était le même l’eau de la Durolle était utilisée pour faire tourner les grandes roues à aubes, et les meules des « émouleurs », qui couchés sur le ventre, bras tendus, affilent les lames dans un bruit assourdissant. Bruit d’eau engouffrée dans la turbine du moulin, mais aussi bruit du fer frotté contre la meule qui fait jaillir une gerbe d’étincelles, et le tout en hiver dans une humidité ambiante qui oblige ces artisans à se couvrir le dos avec un chien. 

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