LA BEAUCE

                                 

La Loire poursuit sa course, les nuages blancs se reflètent dans ses eaux. Des ruisseaux appelés « Mauves » se jettent dans le fleuve aux abords de Meung sur Loire. Jadis leurs eaux claires faisaient tourner les roues de moulins, jusqu’en 1950, on en a compté trente-sept. Une ordonnance royale datée de 1787, imposait aux meuniers l’entretien du lit et des résurgences. Un travail considérable car ces trois rivières, et leurs bras secondaires appelés « divises » constituent un réseau de cours d’eau de quarante-deux kilomètres. De nos jours, une réhabilitation de cet ensemble a été entreprise, grâce aux efforts d’une association de riverains et du syndicat intercommunal de bassin. 

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Les drainages de Beauce, ainsi que l’arrosage des cultures ont fait baisser la nappe souterraine. L’hiver 2000-2001, le plus humide depuis 1955, contrecarre les mauvais augures qui prévoyaient déjà la pénurie. Depuis 1875, date à laquelle les premières mesures ont été effectuées, on retrouve régulièrement des périodes de basses ou de hautes eaux. L’inquiétude fut même de mise en ce mois d’avril 2001, où la nappe de Beauce augmentait de 10 à 15 centimètres par semaine.

  Deux problèmes nouveaux surgissent.

 - Le premier est lié à l’inondation par des cours d’eau qui débordent du fait des pluies diluviennes mais également de la remontée de la nappe qui affleure. Pour illustrer ce phénomène, on peut citer le cas de la petite rivière Beauceronne « la Conie », affluent du Loir qui est dépendante de ces résurgences et qui fut en crue même sans autres pluies pendant encore plusieurs semaines.  

"La Conie" n'est pas un cas unique, "en cas de sécheresse en Beauce" 44 communes et cantons de Meung, Patay, Artenay et Outarville ont des rivières privées d'écoulements de surface, et n'offrent aux regards que des vallées sèches, parfois occupées par des cours d'eau intermittents comme la Retrève.

- Le deuxième, en cas de fortes pluies, c’est la grande lessive des nitrates et pesticides qui restaient dans les sols secs. Les vieux puits semblent touchés, et faute de potabilité on devra en creuser de nouveaux dans la craie de la nappe profonde. L’agriculture doit analyser ce phénomène, car, si dans un premier temps, elle va récupérer des « Quotas » d’arrosage supplémentaires, elle devra aussi se limiter dans l’emploi de produits chimiques. Véritable mer de céréales, cette plaine de Beauce recouverte d’un limon quaternaire très fertile ondule sous le vent sans arbres et sans abris. Ici c’est la culture du blé, du maïs, de la betterave sucrière, et du colza. Semences sélectionnées, arrosages, assolements, mécanisation et engrais offrent des rendements exceptionnels.

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Vers l’ouest, la petite Beauce s’étend jusqu’à Blois enrichissant les villes du val de Loire. En ce pays royal, voici un pamphlet volontiers repris sur un ton badin à la fin du XVIe siècle :

         Orléans ville de gain,

        Garde son saint-frusquin ;

        Blois, ville de parvenus,

            Croque ses revenus ;

        Tours, ville de Carnaval,

        Mange intérêts et capital !