JOACHIM DU BELLAY                      

 Sur le coteau, voici Liré où l’on peut visiter le musée de Joachim du Bellay installé dans le Grand Logis, élégante demeure à tourelle du XVIe siècle.  

                               RETOUR MENU                  

                                                                          

Loué par les meilleurs de son temps, le chantre du « petit lyré » Joachim naît au château de la Turmelière, paroisse de Liré en Anjou entre 1522 et 1525. Récemment, une « fuye » circulaire derrière le manoir datant du XVIIe siècle vient d’être restaurée. Le choix de l’ardoise fine allait de soit pour la couverture, dont le faîte est un lanterneau orné d’un pigeon en zinc pour rappeler la fonction de la construction à l’intérieur de laquelle se trouvent de nombreux boulins (nichoirs) destinés à la ponte des œufs. Le fait qu’il y ait un pigeonnier n’est pas anodin, il révèle la puissance des seigneurs de l’époque. En effet, on estime que 1100 boulins équivalaient à 550 hectares de terres. Mais surtout, il produisait un engrais excellent pour la vigne et de plus, d’autre volatiles nichaient également en ce lieu, ce qui permettait de nourrir les faucons à une époque où la chasse à l’oiseau était une vraie passion.

On ignore presque tout sur son enfance. A dix ans, il est orphelin, élevé sans que l’on sache exactement comment, ni dans quel abandon au château familial. Comment est-il amené à la poésie, quelles sont ses lectures à cette époque ? Toujours est-il qu’il s’oriente vers des études de droit à Poitiers. C’est peut être là qu’il rencontre dès 1543 Jacques Peletier et surtout Ronsard. Entraîné par l’un ou par l’autre, il part pour Paris en 1547 pour suivre les cours de Dorat au collège Coqueret. Cette même année Ronsard et lui publient une pièce poétique dans les œuvres de Peletier. C’est alors une aventure collégiale un énorme travail en commun dans l’enthousiasme qui lui vaut la publication en 1549 de la « défense et l’illustration de la langue Française », en même temps que celle de son premier recueil de sonnets de cette nouvelle  brigade : « l’olive ». (la brigade deviendra par la suite la Pléiade). Il fait aussi certainement quelques voyages en Anjou, mais il est déjà atteint de surdité et il est très préoccupé par des ennuis familiaux qui vont l’obliger à des procès toute sa courte vie.

Songeant sans doute à la carrière diplomatique, il sollicite son cousin le cardinal Jean Du Bellay, Ambassadeur à Rome, de l’emmener dans sa suite en 1553. Ce voyage lui ouvrit la voie de la poésie personnelle après l’expérience de la pléiade, et lui permit aussi de rencontrer Faustine. Son amour fut sans doute une consolation, on ne sait s’il fut ou ne fut pas malheureux. Sa poésie est faite de son malheur. Son retour à Paris, tant désiré après ce voyage Romain fait suite à un passage tout aussi détesté à Genève, et apporte les mêmes désespoirs. Du Bellay retrouve à Paris une cour qu’il critique, de nouveaux procès, de nouvelles charges au service de sa famille (cousins et neveu).

                   RETOUR MENU

Le roi Henri II sur lequel il comptait pour appuyer son œuvre, meurt brusquement peu de temps après la publication de l’essentiel de son travail Romain (1558) : les Regrets, les Jeux Rustiques, les Antiquités de Rome et le Songe. La princesse Marguerite de France fille de François 1er, cette figure qui domine par sa vertu et son intelligence, toute l’œuvre de Du Bellay et a qui le poète voue un respect fervent part pour la Savoie.

Du Bellay prend alors ses distances, il écrit des poèmes satiriques, des textes fort différents et austères, certains en Français mais d’autres aussi en Latin. Il semble bien qu’au moment où il meurt, le 1er janvier 1560, frappé d’apoplexie à sa table de travail, dans sa maison de Notre Dame à Paris, il s’orientait vers une poésie religieuse.

Voici un texte de Du Bellay, où il évoque la Loire avec une certaine nostalgie.

 

« Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,

Ou comme celui-là qui conquit la toison,

Et puis et retourné, plein d’usage et raison,

Vivre entre ses parents le reste de son âge !

 

Quand reverrai-je hélas ! de mon pauvre village

Fumer la cheminée, et en quelle saison

Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,

Qui m’est une province, et beaucoup d’avantage ?

 

Plus me plaît le séjour qu’on bâti mes aïeux

Que des palais romains le front audacieux,

plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine,

 

Plus mon Loire Gaulois que le Tibre latin,

Plus mon petit Liré que le mont Palatin,

Et plus que l’air marin la douceur Angevine ».

                  RETOUR MENU