JEANNE D ARC

                                      

LA DÉLIVRANCE D ORLÉANS PAR JEANNE D ARC.  

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« ...Et à cette heure, la ville fut libérée des ennemis qui l’assiégeaient. »  

Jeanne d'arc dans Orléans en 2002 lors des fêtes du 8 mai cliquez ici

Cela commença bien plus tôt, (on dit qu’une jeune fille issue d’une famille de paysans Lorrains, arrive de Donrémy, elle est passée à Gien et promet d’apporter le secours de Dieu au roi et à son royaume). On imagine fort bien la tête du bâtard d’Orléans, lorsque le messager lui apporta la nouvelle.

Dans les circonstances présentes, il n’y avait à attendre de secours que de Dieu. Les Anglais étaient partout au nord de la Loire, le  désastre d’Azincourt le 25 octobre 1415, avait littéralement décimé l’armée Française et fait prisonnier le duc d’Orléans qui va le rester jusqu’en 1440.

Depuis 1419, fuyant Paris devenu « Bourguignon », le Dauphin Charles s’était installé à Bourges. Devenu roi, il y avait constitué un embryon de capitale. Par dérision, les Anglo-Bourguignons le surnomment le « petit roi de Bourges » et dans le peuple on chante :

Mes amis, que reste-t’il

A ce dauphin si gentil ?            

Orléans, Beaugency,

Notre Dame de Cléry,

Vendôme, Vendôme !

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En fait le petit roi de Bourges garde sous son autorité la France du centre, du Dauphiné au Poitou, et celle du midi, de Carcassonne à Beaugency. Son armée est principalement constituée de mercenaires : Lombards, Piémontais, Aragonais, Castillans,  et surtout un  fort contingent de ses alliés écossais.

On comprend donc pour Bedford, qui au titre de régent a pris la direction des opérations en France (le nouveau roi d’Angleterre Henri VI  est encore très jeune) l’importance du pont d’Orléans pour faire la jonction avec les troupes de Guyenne.

En face, un homme organise la résistance, il s’agit du demi-frère du Dauphin, «le bâtard d’Orléans » que plus tard on appellera Dunois, à cause d’un château sis à Chateaudun que le roi allait lui donner en récompense de ses exploits. Il est le fils de Louis d’Orléans et de Mariette d’Enghien il se prénomme Jean.       

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Mais, pour l’heure, en février 1429 dans la ville d’Orléans assiégée par les troupes d’un capitaine Anglais nommé Salisbury, depuis le 12 octobre 1428, quel secours attendre d’une jeune fille ?

Pour tromper leur faim, et continuer la lutte sans merci contre l’envahisseur, les capitaines Français attaquent un convoi de ravitaillement, ce sont des tonneaux de harengs séchés que les assiégeants transportent. Il y avait là, Charles de Bourbon, John Stuart avec un bataillon d’écossais, Louis de Culan, et un Gascon qui s’appelait La Hire. Ce qui devait être une victoire facile, se termina par une terrible défaite faute d’entente, le bâtard d’Orléans y fut blessé. Cette journée restera dans les mémoires sous le nom de la « journée des harengs ». Le découragement était à son comble, la plupart s’enfuyaient par la seule porte restée ouverte qui n’était pas encore aux mains des Anglais, la porte de Bourgogne. Le pont traversant la Loire et reliant la ville à la rive gauche au royaume de Charles VII avait été coupé.

Le royaume de France, s’en allait à l’abandon. Et voilà, qu’une rumeur enflait, une jeune fille se rendait auprès du Dauphin pour lever le siège d’Orléans et le conduire à Reims, afin qu’il y soit sacré. Une longue attente commença alors dans la cité Orléanaise, épuisés, les défenseurs espéraient que cette jeune fille allait convaincre le Dauphin Charles.  

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La jeune fille patienta deux jours en la ville de Chinon pour être reçue par le roi. Jeanne d’Arc, c’était son nom avait su convaincre Charles, il attendit trois semaines, s’enquit de l’opinion de ses docteurs et prélats la pucelle fut également examinée par ses clercs, elle demandait une compagnie d’hommes, des chevaux et des armes. Le Dauphin fit rassembler des vivres, des centaines d’hommes et envoya le convoi vers Orléans. Jeanne était accompagnée de La Hire, du seigneur de Culan, de Gilles de Rais, (Barbe Bleue, qui allait devenir également célèbre mais pour de funestes motifs) de Loré, et de l’archevêque de Reims. Ils arrivèrent jusqu'à la rivière Loire au lieu dit Saint Loup. Le bâtard, était venu en personne voir cette jeune fille, lui même n’avait que vingt-quatre ans et s’étonnait qu’elle eut pu convaincre le roi. Jeanne lui dit : « Es ce vous qui n’avez point voulu que je marche directement sur les Anglais, après la réponse positive, elle poursuivit, je vous apporte le meilleur des secours celui du roi des cieux ».

Et voici que des gens affamés, qui ne savaient plus à quel saint se vouer, reprirent courage ils s’attendaient à tout sauf à cela. Les vivres furent introduits dans Orléans, mais l’armée Royale restait plus faible, le bâtard partit à la recherche de renfort, une partie des troupes était restée à Blois pour le cas où une nouvelle armée Anglaise fut annoncée. Quatre jours plus tard, les renforts arrivèrent Jeanne en fut prévenue par ses hérauts (messagers).                 

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La bataille s’engagea du côté de St Loup, la bastille fut prise, les communications en amont d’Orléans rétablies. Le lendemain était le jour de l’ascension, Jeanne mit à profit cette journée pour adresser aux Anglais cette dernière sommation. «Vous, Anglais qui n’avez aucun droit sur ce royaume de France, le roi des cieux vous ordonne et mande par moi, Jeanne la pucelle, que vous quittiez vos forteresses et retourniez dans votre pays, où sinon, je vous ferai un tel ha haï dont sera perpétuelle mémoire. Voilà ce que je vous écris pour la troisième fois, je n’écrirai pas d’avantage. Signé : Jésus Maria Jeanne la pucelle ».

Le 6 mai 1429, Jeanne fit une sortie décisive et reprit St Jean le Blanc. Elle passa la Loire, tous ses fidèles compagnons étaient présents ils attaquèrent encore la bastille des Augustins, juste devant les tourelles. Les combats au corps à corps furent violents, les attaques venaient de toutes parts, la bastille fut prise.

Le 7 mai, sur le boulevard la bataille reprit, Jeanne fut blessée superficiellement par une flèche entre le cou et les épaules. Elle continua le combat toute la journée, se retirant seulement quelques temps pour prier, au soir les combats se poursuivaient toujours, alors montrant l’exemple, elle prit l’étendard et alla le planter sur le bord du fossé en haut du rempart des tourelles. Une rumeur d’effroi, circula chez les Anglais. Les hommes de Jeanne reprirent courage et le boulevard fut pris, les ennemis furent tués ou noyés.                       

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Le lendemain 8 mai, de grand matin le reste des Anglais sortirent de leurs fortifications autour de la ville et se rangèrent pour combattre. Ce que voyant, la pucelle se leva de son lit s’arma seulement d’un habit, celui que l’on nomme en Français le jasserand,  cependant elle défendit qui que ce soit d’aller contre les Anglais bientôt ils s’en allèrent, sans que personne ne les poursuivent. Orléans était libéré de sept mois de siège.

Mais la guerre n’était pas terminée, Jeanne doit chasser les Anglais de la vallée de Loire : Le 12 juin 1429 Jargeau est enlevé ; le 15 le pont de Meung sur Loire est repris ; le 17 Beaugency capitule ; les Anglais sont définitivement vaincus à Patay le 18 juin.

Alors le Dauphin Charles consent enfin à écouter la pucelle  qui l’a rejoint à Gien. Il se laisse conduire à Reims où il est sacré le dimanche 17 juillet 1429. Grâce à Jeanne, Charles VII est désormais sans conteste le nouveau roi de France.

En la bonne ville d’Orléans, une visite à la maison de Jeanne d’Arc vous fait revivre ce moment historique à l’aide de maquettes et de diaporamas. 

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  LES FÊTES JOHANNIQUES.  

On dit qu’à Orléans une moitié des Orléanais regarde défiler l’autre moitié le jour du 8 mai, date anniversaire de la libération de la ville du joug des Anglais en 1429. Il en est ainsi depuis des siècles et la tradition se perpétue, renouvelée de générations en générations.

Ainsi pour le 569ème anniversaire de la délivrance cela commença la veille au soir, l’étendard fut remis solennellement par le maire d’Orléans Jean Pierre Sueur, aux autorités religieuses, et se poursuivit par l’embrasement de la cathédrale à la tombée de la nuit. Cette année un superbe tableau d’étoiles crépitantes a illuminé le monument au son d’un roulement de tambour, « le didjiridou » qui est le plus ancien instrument des Aborigènes. Le public présent a été conquis par les lasers et les fumigènes, couleurs sang et or, qui ont donné un spectacle complet.

Le jour du 8 mai, le soleil se leva de bonne heure, mais déjà les rues d’Orléans grouillaient de gens qui s’affairaient pour le « défilé des provinces » un cortège multicolore et bigarré s’était formé Place Croix Morin et dans les rues avoisinantes, il avançait le long des artères principales. Il y avait là : les compagnons de Jeanne d’Arc en tenue d’époque, qui côtoyaient les danseurs de la bourrée Berrichonne, les Antillais, la porteuse de lait Normande, les Bretons et Auvergnats d’Orléans, avec le costume traditionnel, mais aussi les Portugais, les Espagnols, les Solognots, les Tunisiens, et Jacquouille la Fripouille (les visiteurs faisaient également partie du défilé). Nombreux enfants des écoles, scouts, sportifs, etc. circulèrent dans les rues accompagnés de fanfares, violes, accordéons, et de toutes sortes d’instruments, sous les yeux d’une population habituée mais une fois de plus ébahie.

Pendant ce temps, une messe à la mémoire de Jeanne, était célébrée en la cathédrale par Monseigneur Guillon évêque de Quimper, en présence des personnalités.

Pas très loin, au Campo Santo, Bourgeois, Manants, Ribauds, et autres Seigneurs, n’ont pas manqué de fréquenter les échoppes, la foire médiévale bat son plein. Au son des « musicques de joye » ripailles, et festoiement se côtoient.                          

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L’après-midi ces fêtes Johanniques, sous la présidence de Ségolène Royal, la ministre déléguée chargée de l’enseignement scolaire, invitée d’honneur se poursuivirent. Dans son discours elle rappela que Jeanne d’Arc, est une « merveilleuse histoire de femme » un témoignage « d’insoumission et de tendresse ». Jeanne ne savait pas lire ni écrire en 1429, et n’avait aucune idée de l’enseignement scolaire.

Les hercules, C 130 de la base aérienne de Bricy ouvrirent le défilé militaire d’une manière spectaculaire, à 450 kilomètres/heure, et 150 mètres de hauteur. Le 28eme régiment de transmission, les musiques de la circonscription militaire de défense de Limoges, et la musique de la région aérienne Atlantique, prirent part au défilé, ainsi que les 6eme et 12eme cuirassés avec une quarantaine de chars AMX qui seront bientôt remplacés par le char Leclerc.

Cécile Basseville, alias Jeanne d’Arc 1998, la pucelle montée sur son cheval, droite dans son armure, accompagnée de ses hérauts(son escorte), sous un soleil éclatant, est acclamée par le public dans les rues de la cité au son des trompettes. Le défilé traditionnel bat son plein. Les musiques étrangères invitées s’intercalent aux fanfares d’Orléans et de la région. Chacune à leur tour les personnalités religieuses, militaires, ministre, maires des communes des alentours et des communes jumelles, Miss Orléans, la magistrature, les paroisses, les enfants des écoles, sportifs, scouts, et même des écossais hirsutes, arrivés ici en souvenir du bataillon d’Ecossais qui prit part en 1429 à la « journée des harengs ». Tous défilèrent dans les rues acclamés par le public.         

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Il est 18 heures, les ecclésiastiques, vont rendre l’étendard de Jeanne aux autorités civiles. Tard dans la nuit c’est sur la Loire que le feu d’artifice sera tiré, elle se parera alors de mille couleurs.