EMBÂCLE DU FLEUVE LOIRE EN 1985

                                                  

                                   1985 LA LOIRE GELÉE IMMOBILE UN JOUR GLACIAL

                                                  Photos Michel Lefrère

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L’hiver 1985, le froid fut intense. Même dans la journée le thermomètre restait en dessous de zéro, et la nuit sous un ciel clair constellé d’étoiles frémissantes le froid fut extrême. Bientôt la Loire charria des frasils qui s’épaissirent, se cognèrent les uns aux autres en crissements distincts qui progressivement au fil des heures se soudèrent. Un matin sous une lumière blanche et brumeuse, ce fut l’embâcle sur 65 kilomètres, l’épaisseur de glace atteignit 30 à 40 centimètres, par endroits des blocs énormes de un à deux mètres de haut.                              

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La Loire fut immobile et silencieuse. Elle le resta quelques jours. La glace scintilla au soleil, les curieux furent de plus en plus nombreux à venir admirer ce spectacle féerique. Un soir, le vent qui jusqu’alors était orienté au nord-est vira au nord-ouest, puis bientôt plus franchement à l’ouest. D’abord il ne se passa rien. Dans les jours qui suivirent, des grondements sourds se firent entendre, et bientôt ce fut la débâcle. De gros glaçons s’entrechoquèrent, s’empilèrent les uns sur les autres avec des craquements sinistres. En certains endroits du fleuve royal, l’eau soudain libre reflua en tout sens, remonta même vers l’amont. Dans un chaos indescriptible la Loire se libéra de son carcan de glace, les levées tirent bon, seuls les ponts donnèrent quelques soucis, les militaires les dégagèrent à l’aide d’explosifs. La glace se fissura en blocs énormes qui peu à peu furent emportés en heurtant durement les piles. A la fin de l’hiver, la douceur du climat effaça toute trace de l’embâcle.               

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Ainsi durant les hivers, 1684, 1731, 1879, 1895, 1963, 1985. Pour ne citer que quelques embâcles du fleuve royal, l’eau fut prise par les glaces. La débâcle fut parfois terrible, le 10 janvier 1789, les ponts de Jargeau furent ainsi emportés, une crue détruisit des immeubles à Orléans rue du Coq St Marceau. A Sully sur Loire, le 20 janvier 1895 on pouvait traverser le fleuve à pieds sec sur la glace, un petit bar restaurant avait même été installé sur la banquise pour satisfaire la demande de badauds de plus en plus nombreux. Une page du Journal Illustré du 2 mars 1895, caricature avec des dessins la foule traversant la Loire au milieu d’énormes blocs de glaces, cet embâcle s’étendait sur plus de 70 kilomètres.